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Le journal imprimé en voie de disparition ?

Alors que paraît “L’adieu au journal”, le chercheur canadien Guillaume Pinson évoque la disparition du journal papier de nos vies. Peut-on parler d’un média en voie de disparition ? Il est rejoint par le journaliste Claude Askolovitch qui livre un plaidoyer pour la presse quotidienne régionale.

Avec

  • Hélène Balazard, chargée de recherche, chercheuse en sciences politiques
  • Claude Askolovitch, journaliste.
  • Guillaume Pinson, professeur titulaire au Département des littératures de l’Université Laval.

Et si la mutation numérique que nous vivons depuis une trentaine d’années n’était pas aussi inédite qu’on le croit ? Et si d’autres, il y a 150 ans, avaient éprouvé des bouleversements étonnamment comparables : accélération du temps, saturation émotionnelle, sentiment d’être happé par un flux d’actualité incessant, désir irrépressible de rester connecté au monde.

En revenant au moment où la presse de masse s’invente au 19e siècle, Guillaume Pinson propose un détour salutaire par l’Histoire pour éclairer notre présent numérique. Non pas pour relativiser ce que nous vivons, encore moins pour céder à une forme de nostalgie du papier, mais pour comprendre ce que la disparition du journal imprimé révèle de nos manières d’habiter l’information et d’éprouver le monde et même de faire société.

Les journaux, vecteurs de la rumeur du monde dans la sphère privée

Guillaume Pinson est professeur au département Littératures de l’Université de Laval. Il publie L’adieu au journal : XIXe-XXe siècle aux CNRS éditions. Le chercheur revient sur le cycle du journal imprimé : de son apparition jusqu’à aujourd’hui où son modèle économique est très fragilisé : “on peut convenir que le journal n’est plus du tout le média majeur qu’il a été auparavant (…) , il a été à la source d’une immense révolution médiatique au 19e siècle, un gigantesque bouleversement historique, culturel, social dans toutes les strates de la société. (…) Via les plateformes numériques, quelque chose est en train de s’inventer et pour lequel, le modèle du journal ne convient plus d’une certaine manière.” explique-t-il.

Eloge de la presse régionale

Durant 8 années, le journaliste Claude Askolovitch a été le chroniqueur matinalier de la célèbre revue de presse de France Inter. Toujours sur France Inter, on peut aujourd’hui l’entendre dans Les mots d’Asko. Il évoque son attachement viscéral à la presse écrite et tout particulièrement à l’indispensable presse quotidienne régionale. Il développe : “Il y a cette simplification ‘obligatoire’ qui est celle des médias électroniques ou des médias d’images, on ne peut pas appréhender une histoire et son contraire ainsi que son complément, dans la pluralité des éclairages, si il n’y a plus la forme papier. (…) Bien évidemment, ensuite, les raisonnements ne sont plus les mêmes. (…) La simplification du monde aujourd’hui nous submerge, quoi que nous fassions. Je n’ai pas d’autre antidote que les journaux imprimés !”

Pour une vitalité démocratique

Puis, la chercheuse Hélène Balazard évoque la revue Mouvements dont le numéro 121 a pour titre : Démocratie d’interpellation : les contre-pouvoirs au service de la République. “On revient sur le rapport de Marie-Hélène Bacqué et Mohamed Mechmache, c’est à ce moment qu’on avait commencé à parler de démocratie d’interpellation, avec la première proposition qui était la création d’un fonds d’interpellation citoyenne qui permettrait de financer tous ces contre-pouvoirs de manière autonome. Cette proposition n’a pas été votée par l’Assemblée, cependant des collectivités locales ont décidé de le faire à l’échelle locale. Ainsi cela permet une expérimentation.” : dit-elle.

Pour en savoir plus

Bibliographie

Lire et écouter (58’) : Radio France du 1er janvier

Jean-Philippe Behr

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