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Reworld Media finalise l’acquisition de Mondadori France

Le groupe de médias et de marketing Reworld Media, propriétaire notamment des magazines Auto Moto, Marie France ou Maison et Travaux, a finalisé l’acquisition de Mondadori France, selon un communiqué publié mercredi. L’intersyndicale de l’éditeur de magazines Mondadori France a dénoncé un « passage en force ».

 

Reworld a affirmé avoir acquis 100% du capital et des droits de vote de la société après avoir obtenu les accords nécessaires et réuni les conditions prévues par le protocole d’accord

 

Le groupe de médias et de marketing Reworld Media, propriétaire notamment des magazines Auto Moto, Marie France ou Maison et Travaux, a finalisé l’acquisition de Mondadori France, selon un communiqué publié mercredi.

 

La filiale française du groupe italien Mondadori compte plusieurs dizaines de magazines thématiques et de sites internet associés, comme Auto Plus, Pleine Vie, Top Santé, Biba, Grazia, Closer, Télé Star, Le Chasseur Français, Science et Vie.

 

Reworld a affirmé avoir acquis 100% du capital et des droits de vote de la société après avoir obtenu les accords nécessaires et réuni les conditions prévues par le protocole d’accord.

 

Une opération à 70 millions d’euros

 

L’opération s’élève à 70 millions d’euros, auxquels doivent s’ajouter 5 millions en fonction des performances futures, selon Mondadori.

 

L’autorité de la concurrence avait autorisé l’opération à la condition que Reworld se sépare d’un de ses titres de presse automobile, soit l’Auto-Journal, soit Auto Moto.

 

À part sur ce secteur, elle avait considéré que l’acquisition ne posait pas de problème vis-à-vis du marché de la publicité, ni dans les magazines, compte tenu de la « pression concurrentielle » liée à internet, ni en matière de publicité en ligne.

 

« Ce rapprochement donne naissance à l’un des principaux acteurs européens des médias et au premier groupe de presse magazine français avec plus de 50 marques (…) dans l’édition magazine et digitale » et « un chiffre d’affaires annuel global de 483 millions d’euros », a souligné mercredi Reworld dans son communiqué.

 

Mutation numérique accélérée

 

La recette de Reworld Media depuis plusieurs années est de racheter à bas prix ou de se faire payer pour la reprise de titres de presse magazine en difficulté avant de les pousser à une mutation numérique accélérée.

 

Il a indiqué mardi avoir signé une offre d’achat concernant les sites Sports.fr et Football.fr édités par une filiale du groupe Lagardère, qui est en train de vendre une bonne part de ses médias pour se recentrer sur l’édition et la distribution.

 

En 2014, le groupe avait déjà acquis huit magazines également auprès de Lagardère.

L’intersyndicale dénonce un « passage en force »

 

L’intersyndicale de l’éditeur de magazines Mondadori France a dénoncé un « passage en force », après l’annonce jeudi de la finalisation du rachat de leur entreprise par le groupe de médias et de marketing Reworld, alors même qu’une décision de justice aurait dû retarder la transaction.

 

Non seulement, « une telle précipitation à conclure la cession au coeur de l’été, alors que beaucoup de salariés sont en vacances, paraît particulièrement indécente » et risque de compliquer « la transition et la continuité de l’activité », mais « plus encore, Mondadori et Reworld Media violent délibérément la décision rendue par le TGI de Nanterre du 11 juillet dernier », estime l’intersyndicale, dans un communiqué.

 

Reworld, groupe français de médias et de marketing qui détient déjà de nombreux magazines (dont Auto Moto, Marie France ou Maison et Travaux), avait annoncé mercredi soir avoir bouclé le rachat de Mondadori France, filiale de l’éditeur italien Mondadori (qui appartient à la famille Berlusconi). Mondadori France, numéro 3 de la presse magazine dans l’Hexagone, publie notamment Auto Plus, Pleine Vie, Top Santé, Biba, Grazia, Closer, Télé Star, Le Chasseur Français, Science et Vie.

 

L’opération avait fait l’objet d’un contrat de cession signé en avril. Mais le tribunal de grande instance, saisi par le Comité social et économique de Mondadori France, avait jugé que le groupe avait négligé de consulter les salariés comme le prévoient pourtant les règles, et avait commis « un détournement de pouvoir, empêchant le CSE d’exercer ses droits à recueillir des explications utiles et à faire des propositions alternatives ».

 

Le TGI avait ainsi ordonné à Mondadori France d’entamer sous huit jours un processus d’information-consultation, ce qui, ajouté à un nouveau passage devant l’Autorité de la concurrence, aurait dû retarder de plusieurs mois l’opération.

 

« Manifestement, Mondadori et Reworld Media s’estiment au-dessus de la loi. Concrètement, ils privent le CSE et les salariés de toute visibilité et de toutes garanties sur l’avenir des magazines et de l’emploi », déplore l’intersyndicale du groupe, qui assure qu’elle prendra « toutes les initiatives requises pour faire respecter le droit, préserver les titres et garantir les intérêts des salariés ».

 

Lire : Challenges du 1er août

 

Jean-Philippe Behr

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