L’essayiste * à l’origine du compte « Balance ton Claude » qui a révélé l’usage probable de l’IA par l’auteur phare de la rentrée littéraire éclaircit sa démarche. Racisme, anonymat, délation, avenir de la littérature : il répond aux accusations dont il fait l’objet.
LE FIGARO.- Vous êtes l’une des personnes derrière le compte Balance ton Claude, qui a passé sur Pangram le roman de Thélyson Orélien et révélé sur X son usage. Pourquoi avoir choisi l’anonymat ?
- SAMUEL FITOUSSI. – Pour éviter que le débat ne se déplace des faits vers nos personnes. Les réactions depuis que mon nom est sorti (notamment : des milliers de messages haineux et souvent antisémites de la part de militants d’extrême gauche) montrent que nous avions raison : certains ne lisent la réalité qu’à travers leurs biais partisans.
LE FIGARO. – Quelle était votre motivation profonde ?
- Ceux qui suivent mon travail savent que je redoute depuis des mois la fin de la civilisation de l’écrit. Noyés dans un océan de contenu artificiel de grande qualité, et soupçonnés de toute façon d’avoir copié-collé le travail d’une IA, les écrivains humains talentueux ne pourront plus se démarquer (pensez déjà à ceux qui ont fini deuxièmes du prix Première Plume ou du prix Méduse, récompensant des premiers romans, et attribués au livre d’Orélien). Des romans grandioses seront certes générés, mais souhaitera-t-on lire les mots d’un robot ? « Un livre qu’on aime, écrivait Houellebecq, c’est avant tout un livre dont on aime l’auteur, qu’on a envie de retrouver, avec lequel on a envie de passer ses journées. ». Au cours d’une discussion sur ces sujets, un ami lecteur m’a fait part de ses soupçons concernant le livre d’Orélien. Nous avons fait les vérifications, et choisi de révéler la vérité…





































