« Forbes » France tire sa révérence, après dix ans d’existence sous l’égide de 360 Business Media. Le groupe, détenteur de la licence depuis 2016, met fin à l’aventure pour se concentrer sur d’autres projets, notamment le développement de « Time » dans l’Hexagone. Le dernier numéro de la rédaction parisienne a été publié en décembre.
« Forbes » France, c’est fini. En tout cas, sous l’égide de 360 Business Media, qui avait la licence depuis 2016. Selon nos informations, confirmées par la direction, le groupe de Dominique Busso, qui a aussi la licence « Time » France n’éditera plus le titre spécialisé sur l’économie, les personnalités et les grandes fortunes, connu notamment pour ses classements. Le dernier « Forbes » de décembre était donc le dernier dans l’Hexagone.
« La décision a été prise en accord avec Forbes US », explique Dominique Busso, aux « Echos ». « Après 10 ans, c’est une décision stratégique de ma part : je veux me concentrer sur le développement de ‘Time’, sur le magazine ‘Oniriq’ et sur de gros projets à venir. Il faut faire des choix. »
Des événements prestigieux
360 Business Media, qui a eu deux fois la licence sur cinq ans, assure que le titre était rentable, avec trois piliers à peu près égaux de revenus : le print (abonnement, vente au numéro, publicité), la publicité digitale et les événements organisés sous la marque « Forbes ». Selon nos informations, au départ de l’obtention de la licence, la société s’était engagée à verser un montant et des royalties, représentant des centaines de milliers d’euros par an.
En dix ans, le média a publié 33 numéros, tirés à 100.000 exemplaires chacun, et un site réunissant 2 millions de visites par mois, ainsi qu’une communauté de plus de 430.000 personnes sur les réseaux sociaux, selon ses données (« Forbes » n’étant pas dans l’ACPM, qui donne des chiffres validés sur le secteur). Le groupe a organisé en une décennie une cinquantaine d’événements dont 30 Under 30 et Femmes Forbes rassemblant plus de 10.000 participants.
Le magazine était devenu un « classique ». Le groupe 360 Business Media avait de grandes ambitions, lors du lancement il y a dix ans : « On se considère comme le ‘Book Magazine de l’économie, de l’entrepreneuriat’. On veut être inspirationnel », disait Dominique Busso à l’époque, en mettant sur la table plusieurs millions d’euros pour développer le titre.
Une reprise ?
360 Business Media compte une vingtaine de salariés, dont la moitié sur « Forbes », à qui il va être proposé de basculer sur les autres titres du groupe.
Toute la question est de savoir si le titre sera repris par un autre éditeur. Contacté, un porte-parole du groupe Forbes aux Etats-Unis répond qu’il « reste engagé sur ce marché important. Nous discutons activement de la relance de cette édition avec les parties intéressées», sans donner plus de détails. Forbes compte 48 éditions sous licence dans 83 pays. « C’est une belle marque, avec une belle image. Il y aura forcément un repreneur mais je n’ai pas davantage d’informations », assure Dominique Busso.
Le groupe français ne dévoile pas plus d’information sur ses nouveaux projets, avec un axe prioritaire « des médias premium, des marques fortes, et des développements à l’international ». Il a, en tout cas, lancé le premier numéro de « Time », après avoir obtenu la licence l’été dernier.






































