Fragilisée par les prix toujours bas du papier, la PME de Novillars, dans le Doubs, s’est placée sous la protection du tribunal de commerce de Besançon. Pour renforcer sa rentabilité, elle veut développer des produits à plus forte valeur ajoutée et optimise son process.
Spécialisée dans la fabrication de « papier pour ondulé » (PPO) destiné à l’emballage, la papeterie de Novillars, dans le Doubs, est habituée aux variations de prix de son marché. Jusqu’en 2023, Gemdoubs était en croissance régulière, avec une production qui atteint aujourd’hui 95.000 tonnes par an. Mais depuis deux ans et demi, les prix sont restés au plus bas, ce qui a fragilisé sa trésorerie, et le soutien financier de son actionnaire principal, la famille Gemayel, et de ses banques, avec la suspension de prêts, n’aura pas suffi. En attendant des jours meilleurs, ses dirigeants se sont résignés à la placer sous la protection du tribunal de commerce de Besançon.
En redressement judiciaire depuis le 7 janvier, avec une période d’observation de six mois renouvelables, Gemdoubs s’organise. « On sait que la situation va se retourner, parce qu’on perd tous de l’argent, mais quand ? » se demande Laurent Grenier, son directeur général.
Ces prix bas, explique-t-il, sont dus à deux facteurs : la baisse de la consommation de carton d’emballage, d’une part. Et la crise du papier journal et de l’impression graphique, qui pousse des papetiers à adapter leurs machines pour fabriquer du PPO, augmentant ainsi le nombre d’acteurs, d’autre part.
Deux leviers
La hausse des coûts n’arrange rien, mais Gemdoubs est relativement épargnée grâce à la centrale biomasse voisine, dont la PME de 75 salariés détient 10 % du capital, et qui lui fournit 80 % de son énergie sous forme de vapeur.
Le dernier chiffre d’affaires connu, celui de 2022, atteignait 50 millions d’euros. « Il peut varier entre 30 et 60 millions d’euros selon le prix du papier, 2022 était une belle année », commente seulement Laurent Grenier, qui assure avoir le soutien de ses clients, de ses fournisseurs et de ses actionnaires, mais ne communique pas de chiffres. « La situation est maîtrisée et l’activité continue ».






































