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La papeterie Condat disparaît, malgré 33 millions d’euros d’aides publiques depuis 2020

C’est la douche froide pour les salariés des papeteries Condat, en Dordogne, entreprise emblématique de la région. Le groupe, en redressement judiciaire depuis octobre 2025, espérait qu’un repreneur sauve les emplois. Il a décidé de ne garder que 10% des postes.

C’était l’un des fleurons industriels de la Dordogne. Les papeteries Condat, situées au Lardin-Saint-Lazare (Dordogne), sont désormais en redressement judiciaire. “On est désolés de vous dire que, malheureusement, Condat, c’est terminé. La marque Condat disparaît. Voilà, excusez-moi”, a annoncé Patricia Canto, le secrétaire du CSE Force Ouvrière. L’émotion est palpable chez les employés.

Leur site va être repris par un spécialiste de la reconversion industrielle. Seuls 21 emplois seront conservés, pour 175 supprimés. Un crève-cœur pour les salariés. “Je suis abasourdi. J’ai 53 ans, comment vais-je faire pour me retourner ? C’est délicat, il me reste encore dix ans à tirer, ça va être compliqué”, confie Laurent Bourdarie, un employé. “C’est notre territoire, c’est notre usine. Ce sont nos commerces, nos écoles qui vont en pâtir à cause de tout ça”, commente de son côté Philippe Delord, délégué syndicat CGT.

Une usine plus que centenaire

L’usine plus que centenaire a d’abord été spécialisée dans les produits pour le cuir, avant de se tourner vers la pâte à papier. C’est alors l’âge d’or de la papeterie : 1 200 personnes y travaillent, et Condat est le premier employeur privé du département. Mais face à l’essor du numérique et à la concurrence internationale, le papier français n’a plus la cote dans les années 2000-2010. 200 postes ont été supprimés.

Déjà à l’époque, l’avenir du site posait question. Malgré 33 millions d’euros d’aides publiques depuis 2020, les comptes plongent dans le rouge, et l’entreprise est placée en redressement judiciaire. Quant au repreneur, il assure vouloir diversifier l’activité, et créer 300 postes d’ici à quelques années.

Lire : FranceInfo du 3 mars

Jean-Philippe Behr

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