Les employeurs luttent contre le manque de focalisation au travail, pour éviter de perdre jusqu’à 40 % de la productivité de leurs effectifs.
Je me suis déjà arrêté en pleine rédaction de communiqué de presse pour regarder un documentaire de douze minutes sur la manière dont les Pays-Bas innovent contre la montée des eaux ou une compilation des buts de Lionel Messi en Ligue des champions », sourit Thibault, chargé de communication. Une confession arrachée au trentenaire, entre deux remarques sur la météo ou la nourriture qu’il s’apprête à déguster. Même pour évoquer sa concentration, Thibault peine à rassembler ses esprits. Comme lui, quatre salariés sur cinq déclarent ne pouvoir se passer de distraction pendant une heure, selon une étude internationale. Un constat alarmant qui inquiète les employeurs : 92 % d’entre eux jugent cette perte de focalisation comme leur principal problème.
« L’attention constitue une ressource stratégique, les guerres cognitives menées par les adversaires (à l’instar de la Russie, NDLR)en saturant d’informations pour affaiblir les capacités de réflexion en attestent », analyse Erwan Devèze, consultant en neurosciences et en management. Un avertissement confirmé par les chercheurs, qui estiment que les employés consacrent environ 28 % de leur temps à gérer des interruptions de tout ordre et que se replonger dans sa tâche nécessite environ 23 minutes à chaque fois. En définitive, d’après l’université de Californie, cette fragmentation du travail menace de réduire la productivité jusqu’à 40 %, pour 2 à 3 heures perdues par jour, ce qui coûte aux employeurs plusieurs milliers d’euros annuels par collaborateur…
Lire Le Figaro du 7/3/26 page 26






































