À la veille des Trophées de l’édition, où la Fnac-Darty prendra part à une table ronde consacrée aux enjeux de l’intelligence artificielle, Livres Hebdo a rencontré son P-DG, Enrique Martinez. Recul du marché, pression d’Amazon, livre d’occasion, élargissement de son actionnariat autour de l’homme d’affaires tchèque Daniel Křetínský… Le dirigeant livre une analyse sans fard des défis que rencontre le secteur du livre.
Livres Hebdo : Les professionnels du livre sont unanimes, le secteur est en recul. Malgré le phénomène Freida McFadden, ce dernier a enregistré une baisse de 1,5 % en valeur et de 2,5 % en volume en 2025, sur fond d’érosion de la pratique de lecture. Comment s’inscrit la Fnac dans cette tendance générale ?
Enrique Martinez : Nous avons enregistré des performances proches de celles du marché : un début d’année plutôt dynamique, porté par la rentrée d’hiver, puis une période plus fragile jusqu’aux fêtes de fin d’année. Même le Goncourt n’a pas su porter le marché durablement. Au final, les résultats restent inférieurs à ceux des années précédentes.
Comment composez-vous avec cette problématique ?
Je crois qu’il faut activer plusieurs leviers : générer des contenus qui intéressent les jeunes, travailler pour intégrer des lectures davantage en prise avec l’actualité, et préserver la dimension « cadeau » du livre en renouvelant les formats, les contenus et le marketing. Dans le contexte actuel, toute la filière doit s’interroger sur les moyens de rendre le livre plus attractif. De notre côté, nous sommes partenaires du Goncourt des lycéens et réfléchissons à la manière de prolonger la dynamique autour des ouvrages primés, pour qu’ils intègrent durablement les lectures des jeunes. Nos équipes d’action culturelle explorent également de nouvelles pistes en multipliant…






































