Le leader de la presse professionnelle a suscité une onde de choc en annonçant qu’il se séparait de tous ses secrétaires de rédaction.
Une levée de boucliers. Les salariés du groupe de presse professionnelle Infopro Digital, propriétaire de L’Usine nouvelle, Le Moniteur, LSA ou encoreLa Gazette des communes, ont débrayé durant deux jours la semaine dernière contre la suppression de tous les postes de secrétaires de rédaction. Pour passer au crible les articles de la vingtaine de publications, cinq nouveaux « chefs d’édition » devront s’appuyer sur Digi, une intelligence artificielle développée en interne pour faciliter la relecture et la mise en page d’articles. La direction promet des reclassements pour les 19 secrétaires de rédaction touchés.
La nouvelle, annoncée en CSE le 4 mai, a fait bondir les représentants du personnel du groupe détenu par le fonds d’investissement TowerBrook. « Ce plan est mal ficelé, incohérent et brutal », fustige Pablo Aiquel, journaliste à La Gazette des communes et secrétaire général du SNJ-CGT. « Il y a aujourd’hui entre 5 et 8 relectures pour un article. Les secrétaires de rédaction vérifient les infos, chiadent la rédaction des papiers avant leur publication. Il est évident qu’avec 2 relectures, dont une par IA, le résultat ne peut pas être le même. Si la presse spécialisée se met à réduire sa qualité, elle prend le risque de remettre en cause son modèle économique car les lecteurs ne seront pas dupes. » La direction d’Infopro Digital n’a pas souhaité faire de commentaires…






































