La rentabilité de ces événements déconnectés, où le public se réunit pour lire ensemble le même ouvrage, est encore faible. Mais les maisons d’édition font un pari sur le long terme afin d’élargir leur lectorat vers un public plus jeune.
En mai dernier, à la Fnac de Bercy, à Paris, 120 personnes étaient réunies pour partager un moment de lecture en silence après avoir été invitées à ranger leur téléphone dans un casier verrouillé, pour une déconnexion totale. « Voir les gens se retrouver pour lire dans un silence religieux, c’était assez magique », raconte Marie-Laure Walckenaer, attachée de presse pour les Éditions de L’Iconoclaste. Pour le lancement du livre Un jour sans femme, de Laetitia Colombani, la maison s’est prêtée au jeu des « reading parties », ces lectures collectives qui se développent de plus en plus ces derniers mois.
Avec les « clubs de lecture » ou « bookclubs », ces rendez-vous pour échanger autour d’un même livre, ou les retraites littéraires qui peuvent s’étendre sur plusieurs jours, ces nouvelles initiatives mettant à l’honneur la lecture rencontrent un franc succès. En témoigne la toute première « reading party » organisée par l’Opéra Bastille, en septembre 2025, qui a réuni 250 personnes. Pour une entrée à 5 euros, chaque lecteur a reçu un livre parmi une sélection, offert par les éditeurs participants à l’opération.
L’événement a été organisé en collaboration avec l’agence The Offline Club, qui promeut des espaces de déconnexion pour limiter son exposition aux écrans. Quand ils ne sont pas en partenariat avec des éditeurs, ces rendez-vous sont payants (9,50 euros). En mai dernier, sa « reading party » dans la ligne 6 du métro parisien a ainsi réuni 50 personnes. Selon Stefania Tsakiraki, cofondatrice de l’antenne parisienne de cette agence, la moyenne d’âge des participants se situe entre 20 et 40 ans..






































