CCFI

Antoine Gallimard : « Une maison, un groupe, ça doit vivre, bouger, se réinventer sans cesse »

Porté par une année 2025 exceptionnelle, Madrigall s’est hissé au troisième rang de l’édition française. Dans un long entretien qu’il a accordé à Livres Hebdo et que nous publions en deux parties, Antoine Gallimard défend une croissance fondée sur la diversité de ses maisons et la force de ses catalogues. Stratégie, librairies, distribution : il détaille ses ambitions. Retrouvez la suite de l’interview d’Antoine Gallimard sur notre site dès demain.

Retrouvez ici la deuxième partie de l’interview : Antoine Gallimard : « Le rôle d’un éditeur est central mais doit demeurer modeste et discret »

Livres Hebdo : Madrigall a pris la troisième place des groupes d’édition en France, passant devant Média-Participations. Cette croissance repose sur des prix littéraires comme Laurent Mauvignier ou Emmanuel Carrère et sur le succès phénoménal de Freida McFadden. Une autrice que J’ai lu édite en poche mais que votre groupe n’édite pas en grand format. Ces éléments ne rendent-ils pas cette croissance fragile ?

Antoine Gallimard : Fragile ? Je ne crois pas. Nous avons en effet connu une très belle année 2025, marquée par de beaux succès littéraires et populaires. Mais ces succès, dont je me réjouis pour leurs auteurs, résultent aussi des choix qui ont été les nôtres depuis des années et qui font la solidité du groupe. Nous avons consolidé notre place dans la littérature avec des maisons au caractère éditorial très marqué – je pense à P.O.L, à Minuit, aux Solitaires intempestifs, à Bourgois… Mais nous nous sommes aussi renforcés sur d’autres marchés, comme le poche, la prescription ou la BD.

Par ailleurs, malgré des signaux d’alerte sur la lecture, le marché ne s’est pas effondré ces dix dernières années. Il s’est encore vendu 301 millions de volumes en France en 2025, d’après NielsenIQ, alors qu’il s’en vendait dix millions de moins avant le Covid. Bien sûr, la chute post-Covid a été douloureuse, mais il faut prendre du recul pour bien appréhender la situation. D’autant que les évolutions sont très contrastées : sur cette même décennie, en volume, la littérature a progressé de 14 %, la BD de 58 %, quand la jeunesse a accusé un retrait de 20 % et les guides de 37 %…

Lire Livres Hebdo du 23/9/26

Pascal Lenoir

Demande d’adhésion à la CCFI

Archives

Connexion

Demande d’adhésion à la CCFI