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Au Venezuela, les journaux meurent, faute de papier

Le manque de papier a eu raison de Panorama, un journal régional plus que centenaire, qui rejoint la cohorte de nombre d’autres publications vénézuéliennes désormais uniquement accessibles sur internet

 

« Nous avons essayé de prolonger l’existence de notre version papier. Mais malgré tous nos efforts, c’est le cœur lourd que nous vous présentons aujourd’hui la toute dernière édition imprimée », a expliqué mardi la direction de Panorama, le plus vieux journal de Zulia, un Etat de l’ouest du Venezuela riche en pétrole.

 

Panorama a assuré que la rédaction continuerait d’assurer une version sur internet. Fondé il y a 104 ans, Panorama, qui se veut indépendant politiquement, était la seule publication imprimée à subsister dans l’Etat de Zulia, tous les autres quotidiens, hebdomadaires et mensuels, ayant déjà mis la clé sous la porte.

Depuis 2013, une centaine de médias ont mis la clé sous la porte

 

Si l’industrie pétrolière y est très présente, grâce notamment aux gisements du lac de Maracaibo, l’Etat de Zulia est fortement touché par les pénuries et les coupures de courant. Selon la Fédération des chambres et associations de commerce du Venezuela, 75% des commerces y ont fermé au cours des 12 derniers mois en raison de la crise économique.

 

En décembre 2018, El Nacional, prestigieux quotidien de Caracas fondé en 1943, invoquait lui aussi la difficulté de se procurer du papier à l’heure d’annoncer la fin de sa version imprimée. La fin de Panorama version papier est un nouveau coup dur pour la presse vénézuélienne. Depuis 2013, une centaine de médias ont fermé leurs portes, dont 70 journaux.

 

Lire Le Temps du 14 mai

 

Jean-Philippe Behr

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