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En meilleure forme, « Jeune Afrique » veut ouvrir un réseau de bureaux locaux

De retour dans le vert, le média basé à Paris met le cap sur le numérique et bénéficie du dynamisme de son pôle événementiel. Mais il se lance un nouveau défi.

De retour dans le vert en 2022 et ayant réduit sa dépendance au papier, le groupe derrière « Jeune Afrique » poursuit sa mue et se lance désormais le défi de bâtir un réseau de bureaux aux quatre coins du continent africain pour coller aux besoins d’un lectorat de décideurs, entrepreneurs et financiers intéressés par le dynamisme de la région.

Fidèle à un positionnement assez unique, celui d’un média basé à Paris avec la vocation d’être le « The Economist » des actualités africaines, l’entreprise a entamé mi-2020 un virage substantiel : fin de l’hebdomadaire à la faveur d’une périodicité mensuelle du magazine, cap sur le numérique, développement des contenus en anglais et du pôle événements…

Africa CEO Forum

Dans le cadre de ce plan, baptisé « Ambition 2025 », un palier est déjà atteint. Avec environ 500.000 euros de résultat d’exploitation consolidé l’an dernier, le groupe redevient rentable pour la première fois depuis 2019. Et, à 26,9 millions d’euros en 2022 (+35 % en un an), son chiffre d’affaires flirte avec son niveau de 2019 grâce notamment au retour en présentiel de son événement phare, l’Africa CEO Forum. A lui seul, ce sommet génère près d’un tiers du chiffre d’affaires du groupe… Pour le reste, les revenus se répartissent de manière assez équilibrée entre régie publicitaire et ventes de diffusion, mais le groupe reste discret sur les résultats activité par activité.

Pour rebondir, Jeune Afrique a surtout recruté des profils technologiques et compte 154 salariés (dont une cinquantaine de journalistes), un niveau légèrement supérieur par rapport à début 2020, avant un plan de sauvegarde de l’emploi sur les fonctions support. Mais dorénavant, le groupe vise aussi à redessiner son implantation géographique.

Nouvelle approche RH

« Il faut qu’on change de braquet », lance dans un entretien aux « Echos » son patron, Amir Ben Yahmed. Selon lui, cela passe par une approche RH où, pour chaque création ou renouvellement de poste, il faudra systématiquement voir si une embauche en Afrique est possible. Historiquement, 10 % à 15 % des effectifs du groupe – surtout des journalistes – sont en Afrique, mais à terme la moitié du personnel, tout type de fonction confondue, devrait y travailler dans un réseau de « hubs » régionaux.

En plus de son siège parisien et d’une présence historique au Maroc, Jeune Afrique vient d’ouvrir un bureau à Abidjan. « La logique voudrait que demain nous ayons aussi un bureau en Afrique de l’Est, peut-être un bureau en Afrique centrale, et un bureau en Afrique du Sud à côté de plus petits bureaux dans certains pays qui entretiennent des relations importantes avec les Etats-Unis, la Chine et l’Europe », explique Amir Ben Yahmed.

Dans ce redéploiement, la priorité reste d’étoffer les compétences numériques, l’objectif étant toujours d’avoir 100.000 abonnés à horizon raisonnable. Mais un meilleur maillage sur le terrain devrait aussi contribuer à renforcer les contenus tant de « Jeune Afrique » que de sa publication soeur (« The Africa Report », trimestriel en anglais). Avec en ligne de mire aussi le lancement de nouveaux événements.

 

Lire : Les Echos du 5 juillet

 

Jean-Philippe Behr

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