Sous la pression conjuguée du désengagement des collectivités, de l’évolution des usages et de l’essor de l’intelligence artificielle générative, l’édition scolaire française repense son modèle. La filière voit se fragiliser ses financements et son économie historique, tandis que de nouveaux acteurs technologiques bousculent la chaîne de valeur. À l’approche de 2027, et alors que la justice examinera le 4 septembre le caractère suspensif de l’appel interjeté par la région Île-de-France dans l’affaire dite des « manuels libres », éditeurs et pouvoirs publics doivent désormais choisir entre subir cette transformation ou en définir les contours.
Deux décennies après l’irruption du numérique dans les salles de classe, l’édition scolaire française affronte déjà sa deuxième révolution industrielle : l’intelligence artificielle générative. Un choc technologique qui s’ajoute – sans le remplacer – au premier, sur fond d’un désengagement budgétaire des collectivités locales qui fragilise chaque année un peu plus l’équation économique du secteur. Malgré encore 315,9 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, en hausse de 8,4 % selon le Syndicat national de l’édition, le marché affiche une bonne santé apparente, mais cette embellie en trompe-l’œil (on est loin des +36%, à 388 millions d’euros de 2019, dernière année de réforme financée) ne doit pas masquer l’essentiel : l’édition d’éducation est à la croisée des chemins…






































