Avec ses 17 000 points de contacts, ses 250 000 salariés et ses plus de 100 000 boîtes jaunes réparties sur le tout le territoire français, La Poste est un symbole républicain à elle toute seule, et parfois l’un des derniers bastions de l’État dans les territoires. Ce dernier rempart est pourtant menacé. L’année dernière, La Poste était encore profitable (1,1 milliard d’euros pour 34,4 milliards de chiffre d’affaires), grâce à la contribution de sa filiale CNP Assurances. L’institution a également su se réinventer en développant ses activités à l’étranger et en livrant de plus en plus de colis. « La Poste réalise 50 % de son chiffre d’affaires à l’international, et le courrier ne représente plus que 15 % de son activité, rappelle Jean-René Cazeneuve, rapporteur aux côtés du député Jacques Oberti d’un rapport d’information parlementaire en vue d’une nouvelle loi postale, rendu public ce mercredi. L’image d’Épinal de La Poste est fausse. »
Reste que les missions de service public qui lui incombent grèvent dangereusement ses comptes. L’État ne compense pas intégralement au groupe public les charges liées à ces missions (service universel postal, aménagement du territoire, accessibilité bancaire, distribution de la presse), comme il le devrait. L’écart atteint annuellement 1 milliard d’euros. Ces déficits se sont creusés à compter de 2018 quand le volume de courrier traité chaque jour s’est effondré. Sur la période 2018-2024, le cumul de ces sous-compensations a engendré une dette de plus de 4 milliards d’euros, ce qui a contribué à la hausse de l’endettement net du groupe (9,7 milliards fin 2025)…






































