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Les typos sur le carreau

« Les typos sur le carreau », un documentaire d’Amélie Meffre, réalisé par Marie-Laure Ciboulet.

 

Quatrième temps de notre série consacrée à l’histoire des métiers, c’est aujourd’hui l’heure du documentaire : sur les traces des typographes, ces aristocrates de la classe ouvrière, pratiquant un métier aujourd’hui en voie d’extinction.

 

Metteur en page, imposeur, paquetier, tableautier… Les typographes, en charge de la composition des imprimés, furent longtemps considérés comme les aristocrates de la classe ouvrière, détenant un savoir ancestral, manuel autant qu’intellectuel. A l’avant garde du syndicalisme, créant dès 1839 leur propre organisation, les typos mirent en place un système de solidarité particulier et beaucoup tels Proudhon ou Jean Allemane furent des porte-parole politiques.

 

Les rois de l’imprimerie vont pourtant être détrônés avec la modernisation des techniques d’impression et l’arrivée de l’offset dans les années 1970. Le plomb va être progressivement abandonné et les typographes en font les frais. Les grosses imprimeries comme Néogravure, Georges Lang ou Del Luca mettent la clé sous la porte et en octobre 1974, le rapport de Jean-Philippe Lecat sur l’avenir de l’imprimerie française conclue que « La France n’a pas vocation graphique ».

 

Dans le labeur qui concerne les imprimés autres que la presse quotidienne, on compte en 1980, quelque 16 000 suppressions d’emplois sur un total de 125 000 salariés. Les conflits pour limiter la casse au sein d’une profession très organisée seront âpres et longs y compris dans la presse, comme au « Parisien libéré ». Dix ans plus tard, avec la généralisation de la publication assistée par ordinateur, le coup de grâce est donné : les ateliers de composition disparaissent et le savoir-faire des typos n’est plus de mise. Des plans de reconversion et de départ en retraite anticipée seront négociés durant une trentaine d’années et le métier de typographe finira par disparaître.

 

Avec Sylvie Charlier, de l’Institut CGT d’histoire sociale du Livre parisien ; Claude Leloup et Frédéric Tachot, typographes ; Roger Bodin, responsable des cours professionnels dispensés par la Chambre syndicale typographique parisienne et à l’imprimerie traditionnelle la SAIG de l’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) ; François Huin, Gilles Hue et Jacques Boisselier.

 

Ecouter : le podcast France-Culture du 6 juin (52‘)

 

Jean-Philippe Behr

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