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L’Etat soutient Fibre Excellence à hauteur de 150 millions d’euros mais sous condition d’un geste fort de l’actionnaire

L’Etat annonce soutenir le fabricant de pâte à papier Fibre Excellence à hauteur de 150 millions d’euros mais sous conditions. Une majeure partie de ces aides concernera le site de Saint-Gaudens (Haute-Garonne). Une lueur d’espoir pour ses 350 salariés, élus et habitants de la commune.

Une éclaircie dans le ciel embrumé de l’usine de pâte à papier de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), le ministre délégué à l’industrie Sébastien Martin a annoncé des aides d’Etat à hauteur de 150 millions d’euros, selon une information révélée hier par La Dépêche du Midi.

Ces aides concernent principalement le site commingeois et dans une moindre mesure, celui de Tarascon (Bouches-du-Rhône).

Des salariés entre espoirs et attentes

Sur place, cette annonce redonne un peu d’espoir aux salariés. “On se dit que c’est une bonne nouvelle parce que l’État est derrière nous, va nous soutenir. Mais comme il est écrit sur l’article, il faut qu’il y ait un geste fort de notre actionnaire aussi derrière. Donc il n’y a rien qui est acté. Donc on est dans l’attente toujours”, déplore Nicolas Bruel, représentant des salariés à la CGT.

Un soutien et des conditions

Dans le détail, le ministère de l’industrie a précisé à l’AFP ce vendredi après-midi, que ce soutien de 150 millions d’euros se décomposait en “deux volets de 75 millions d’euros chacun”, qui propose, pour le premier volet, “l’intégration du site de Saint-Gaudens dans le système des quotas carbone” et “l’abandon des intérêts et l’étalement sur dix ans des dettes publiques et sociales de Fibre Excellence”.

Le second volet “prend la forme d’une garantie d’État couvrant 50% du plan d’investissement industriel”, l’État acceptant “de partager le risque industriel pour accompagner la modernisation des sites”.

Par ailleurs, le ministère travaille avec l’ONF, “pour sécuriser les volumes d’approvisionnement” en bois des usines.

“Mais”, prévient le ministère, la pérennité du groupe “relève en premier lieu de son actionnaire”: “les conditions d’une solution sont créées ; encore faut-il que l’actionnaire s’y engage pleinement”, a-t-il relevé.

Les élus aussi veulent y croire. Ils s’étaient mobilisés en masse pour soutenir l’entreprise, le plus important employeur du Comminges et estiment que l’industriel doit se diversifier. “Il y a des débouchés maintenant au niveau du carton. Et je pense que l’usine doit se tourner aussi vers ces nouveaux marchés, et pour cela, il y aura des investissements à faire et l’État doit être partie prenante de cela”, souhaite Jean-Yves Duclos, maire de St-Gaudens.

Le président du département de la Haute-Garonne, Sébastein Vincini, prend “acte” de l’annonce du gouvernement.

” Le maintien des emplois dans le Saint-Gaudinois reste ma priorité. Je continuerai à suivre ce dossier avec la plus grande attention”, déclare-t-il sur X, ce soir.

Pas de révision du tarif de l’électricité

L’État a en revanche écarté toute révision des tarifs de rachat de l’électricité par EDF, comme le réclame l’actionnaire, estimant qu’elle est rachetée “déjà à des tarifs très avantageux” (110 euros/Mwh) et que cette question ne pourrait être traitée “que dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027”, ne constituant donc “pas une réponse adaptée à l’urgence”, répond le ministère de l’Industrie.

Lire : France Info du 20 février

Jean-Philippe Behr

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