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« L’IA a pris mon ancien métier » : ces cols blancs qui deviennent artisans

Ils ont des diplômes, des carrières bien installées et parfois même une expertise dans l’IA. Pourtant, ils passent leurs soirées à apprendre l’électricité ou la pâtisserie pour se reconvertir. Par crainte d’être remplacés par la machine, des cadres se tournent désormais vers des métiers manuels, qu’ils jugent plus difficiles à automatiser.

Mélanie, 31 ans, est une pétillante jeune femme, très volontaire dans son métier, le marketing, qu’elle exerce au sein d’une fintech depuis six ans. Pour optimiser son temps et les performances de l’entreprise, cette diplômée d’une école de commerce a créé ces derniers mois des agents IA. « J’ai mis toute ma connaissance dans ces outils. Mes agents généraient et envoyaient automatiquement nos campagnes d’e-mails, par exemple. J’en ai créé aussi pour que nos stagiaires aient moins besoin de mon aide, j’espérais ainsi gagner du temps. Rapidement, ils ne m’ont plus sollicitée pour faire des analyses sur ce qui marche et ce qui ne marche pas… C’était pourtant mon point fort dans ce métier ». De semaine en semaine, ses tâches sont peu à peu grignotées par la machine : « Je n’avais plus grand-chose à faire. »

En avril dernier, elle quitte donc son entreprise pour une formation intensive de pâtisserie à l’École Ducasse, un domaine auquel elle n’avait jamais pensé jusque-là. « Il faut savoir rebondir. J’aime bien les choses manuelles et j’ai besoin d’être créative. L’IA a pris mon ancien métier, mais cela m’a poussée à changer de voie et j’en suis ravie, parce que finalement je trouve que ça me correspond ­davantage ». Mélanie a désormais l’ambition d’ouvrir un « café créatif ». Et compte bien sur l’IA pour l’aider dans toutes les tâches d’une entrepreneuse : gestion des finances, marketing, communication, organisation…

Lire la suite : Le Figaro du 15/6/26 page 15

Pascal Lenoir

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