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L’Imagerie d’Épinal au bord du gouffre ?

En mars ont seulement été dévoilés les résultats 2017 réalisés par l’Imagerie d’Épinal. Ceux-ci montrent un important déficit. Cela a amené l’un des actionnaires, Hervé De Buyer, à saisir le procureur d’Épinal pour avoir un état des lieux complet d’une institution qui semble en grand danger.

 

Le courrier a été envoyé à Nicolas Heitz, le procureur de la République au tribunal de grande instance (TGI) d’Épinal. Il est signé par Me Gérard Welzer, l’avocat d’Hervé De Buyer. « Sans plus d’explication, je suis obligé d’entreprendre une nouvelle action en justice ainsi qu’auprès du tribunal de commerce pour faire nommer un mandataire afin d’éclaircir les irrégularités soulevées depuis 2016 », indique l’ex-industriel ayant fait carrière avec sa société d’ustensiles de cuisine au Val-d’Ajol. À 87 ans, l’homme d’affaires se dit « catastrophé de voir l’histoire et la valeur de l’Imagerie d’Épinal être ainsi bafouées ».

 

Car Hervé De Buyer fait partie des personnes qui ont accepté, en 2016, de prêter main-forte aux nouveaux acquéreurs de l’Imagerie, à savoir Pacôme Vexlard et Christine Lorimy. Une levée de fonds de 1,005 M d’€ à laquelle Hervé De Buyer a apporté 900 000 € via une de ses sociétés De Buyer Engine destinée à aider les entreprises françaises à se développer.

 

Or, alors qu’il était convenu dans les statuts de la holding « Imagerie d’Épinal Investissements », créée pour la levée de fonds, qu’Hervé De Buyer et son bras droit, Fabrice Huth, puissent conseiller les nouveaux patrons de l’Imagerie, ces derniers ont tout de suite mis de côté l’homme d’affaires. Qui s’est donc posé des questions. « On a découvert qu’une somme de 344 000 € avait été remontée de la holding vers Mazout Unlimited, actionnaire principal de la holding et appartenant au duo Vexlard-Lorimy.  J’ai porté plainte. Cette dernière a été classée, mais 258 000 € ont été rendus par Mazout Unlimited », indique Hervé De Buyer.

Un déficit cumulé de plus de 600 000 €

 

Ce dernier n’a donc de cesse, depuis 2016, d’obtenir des informations sur les activités et la santé financière de l’Imagerie. La dernière assemblée générale qui s’est tenue le 29 mars a permis d’avoir enfin connaissance des chiffres de l’exercice 2017 alors que le tribunal de commerce avait, étonnement, accepté, et par deux fois, de repousser ladite assemblée de plus d’un an. « Le chiffre d’affaires 2017 est de 680 000 € et le déficit cumulé atteint désormais 600 000 € », affirme Hervé De Buyer. « Et nous ne savons rien de 2018, mais on peut imaginer que la situation a empiré. »

 

Désormais seule à la barre du navire, depuis le départ de Pacôme Vexlard, Christine Lorimy a demandé aux actionnaires de lui faire confiance. « Elle dit qu’elle est sur le point de faire décoller l’Imagerie », indique Hervé De Buyer. « Or, fin mars 2019, il ne restait que 60 000 € de trésorerie »

 

Ayant pris le virage de la décoration, indiquant travailler sur des projets pour des hôtels, Christine Lorimy, contactée ces derniers jours, a refusé de communiquer. Alors qu’il ne reste plus que quatre salariés, que plusieurs procédures prud’homales sont en cours, que les finances sont dans le rouge et qu’elle doit rembourser les investisseurs en 2021, peut-elle éviter que l’Imagerie d’Épinal, fleuron du patrimoine vosgien, disparaisse dans les prochains mois ? Le challenge à relever semble très compliqué.

 

Lire : Vosges Matin du 18 mai

 

Jean-Philippe Behr

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