Près de la moitié des Français ont recours à l’IA générative, une adoption fulgurante par rapport à d’autres technologies. Les jeunes adultes en sont les principaux utilisateurs, mais des disparités subsistent.
L’usage de l’IA se répand à vitesse grand V au sein de la population. C’est ce que révèle le dernier baromètre du numérique, réalisé par le Crédoc. Selon l’étude, publiée ce lundi, près d’un Français sur deux (48 %) aurait désormais recours à l’intelligence artificielle générative. Soit une hausse de quinze points en un an.
La technologie serait désormais utilisée quotidiennement par près d’un tiers de la population. A titre de comparaison, l’IA générative a atteint ce niveau d’adoption en deux ans, là où le smartphone avait nécessité plus de trois ans pour s’imposer chez une majorité de la population, et au moins cinq années pour que l’Internet fixe pénètre la plupart des foyers.
ChatGPT, loin devant
Surtout, alors que les révolutions technologiques précédentes ont d’abord pénétré la sphère professionnelle avant de se diffuser au public, l’adoption de l’IA générative « relève d’abord d’une pratique personnelle », stipule le baromètre. 64 % des usagers déclarent avoir décidé eux-mêmes d’utiliser un outil d’IA, avant que cela ne soit mis en place au sein de leur entreprise.
Cet usage est particulièrement répandu auprès des jeunes adultes. 85 % des 18-24 ans déclarent utiliser l’IA générative. Ce groupe d’âge se distingue non seulement par sa forte présence au sein des usages, mais aussi par la fréquence du recours à la technologie, qui est beaucoup plus quotidienne que le reste de la population.

Parmi les chatbots utilisés, ChatGPT est resté ultradominant en 2025, avec 79 % des usagers d’IA générative qui y ont recours, loin devant Gemini, le robot conversationnel de Google, utilisé par seulement 31 % des usagers. La sortie de Gemini 3 en fin d’année dernière, une version aujourd’hui évaluée comme plus performante que le robot d’OpenAI, pourrait toutefois remettre en cause cette hégémonie.
En attendant, à l’échelle de la France, Le Chat de Mistral AI n’est, pour sa part, utilisé que par 14 % des utilisateurs. Il bénéficie toutefois d’une surutilisation de la part des 60-69 ans, qui sont 22 % à y recourir, « possiblement en lien avec l’attachement au made in France des seniors », analyse l’enquête.
Des craintes pour les plus jeunes
Chez les plus jeunes, c’est le chinois DeepSeek qui réalise une percée : 15 % des adolescents de 12 à 17 ans y émettent des requêtes, contre 8 % des usagers d’IA générative en moyenne.
En termes d’usages, l’IA générative a aussi trouvé sa place. Chez ses utilisateurs, cette technologie est déjà la principale solution pour rédiger des textes, rechercher des idées, ou encore faire de la programmation. Seule la recherche d’informations passe encore principalement par un moteur de recherche, mais l’écart est très mince pour les jeunes, qui favorisent presque autant l’IA.

Celle-ci leur est déjà bien utile pour l’aide aux devoirs et l’apprentissage. Plus de deux tiers des jeunes ayant entre 12 et 24 ans l’utilisent à ces fins, ce qui n’est pas sans conséquences.
« Au-delà des risques de réponses fausses apportées par l’outil, les craintes sont nombreuses, qu’il s’agisse des impacts sur les processus de construction cognitive ou le rapport à l’acquisition de connaissances », alertent les auteurs de l’enquête. Des risques dont se prémunit pour l’instant le public n’ayant pas encore adhéré à la tendance. Car l’adoption de l’IA est encore loin d’être uniforme.
Fracture sociale
Si une majorité des cadres, des professions intellectuelles supérieures, ainsi que des hauts diplômés ont recours à cette technologie, seulement une courte majorité des employés et 38 % des ouvriers s’en servent. Les retraités sont encore moins concernés par cette nouvelle frontière technologique : seulement 19 % d’entre eux utilisent l’IA générative.
Au global, 52 % des Français n’ont encore jamais utilisé d’IA générative. Si le manque de compétences est souvent avancé comme argument, le non-recours est surtout dû à un manque de confiance dans la technologie, notamment eu égard à sa fiabilité ou à la collecte de données.
Le rapport précautionneux des Français à la science se confirme d’ailleurs à nouveau : ils sont seulement 44 % à estimer que l’IA aura un effet positif sur la vie quotidienne, un niveau inférieur de 10 points à la moyenne européenne.






































