Le premier imprimeur français de livres en couleurs agrandit son site vendéen de 5.000 m² et renforce ses capacités de production pour répondre aux pics d’activité du marché de l’édition.
La discrétion n’empêche pas l’ambition. Implanté à Luçon, en Vendée, depuis près de soixante ans, le groupe familial Pollina poursuit sa stratégie d’investissements soutenus afin de conforter sa place de leader français de l’impression de livres en couleurs. L’entreprise vient d’achever un programme d’extension et de modernisation de son outil industriel de 10 millions d’euros, un montant exceptionnel qui constitue le deuxième investissement de cette ampleur après celui réalisé en 2018.
Entre ces grands rendez-vous industriels, le groupe consacre habituellement entre 5 et 6 millions d’euros par an au renouvellement de son parc de machines. Une politique qui répond à un impératif de compétitivité dans un secteur soumis à une forte pression sur les coûts et à la concurrence des imprimeurs d’Europe de l’Est.
« Nous devons rester à la pointe de la technologie pour garantir à nos clients réactivité, qualité et délais de production », résume Laurent Pollina, président de l’entreprise familiale. Une exigence devenue déterminante dans un marché où les éditeurs recherchent des partenaires capables d’absorber des volumes importants dans des délais toujours plus courts.
Un site porté à 47.000 m²
L’opération se traduit notamment par un agrandissement de 5.000 m² portant la superficie totale de l’imprimerie vendéenne à 47.000 m². Des panneaux photovoltaïques installés en toiture couvriront 25 % de la consommation électrique totale du site.
Cette extension permet d’accueillir deux nouveaux équipements stratégiques, notamment une septième chaîne de reliure cartonnée afin de développer les capacités de post-presse, ainsi qu’une septième ligne d’impression offset. L’objectif est d’augmenter les volumes pouvant être traités simultanément et de fluidifier les flux de production lors des périodes de forte activité.
Cet enjeu est crucial pour Pollina, dont le calendrier industriel est rythmé par deux grands temps forts. Le premier intervient au printemps avec la fabrication des ouvrages liés à la rentrée scolaire, notamment les dictionnaires jeunesse, agendas et autres publications éducatives. Le second, beaucoup plus intense, s’étend d’août à fin novembre. Cette période, marquée par la rentrée littéraire puis la préparation des ventes de Noël, représente à elle seule près de 60 % de l’activité annuelle de l’entreprise.
Une usine fortement automatisée
Pour accompagner cette montée en puissance, Pollina mise également sur l’automatisation de ses process. Le site compte aujourd’hui une vingtaine de robots intervenant à différentes étapes de la production pour améliorer les conditions de travail. Ils permettent notamment de limiter le port de charges lourdes et d’améliorer l’ergonomie des postes, dans un environnement industriel représentant des contraintes physiques importantes.
L’organisation de la production reflète également l’intensité de l’activité. Selon les ateliers et les métiers – impression, pliage, reliure, piqûre ou finition -, les équipes travaillent en horaires décalés, en 2×8 ou en 3×8, afin d’assurer une utilisation optimale des équipements et de répondre aux exigences des éditeurs.
Leader français du livre en couleurs
Cette stratégie industrielle permet à Pollina de conserver une longueur d’avance sur le marché français. L’entreprise revendique la première place nationale dans l’impression de livres en couleurs avec 65 millions d’exemplaires produits l’an dernier. À titre de comparaison, son principal concurrent français imprime entre 18 et 19 millions d’ouvrages par an.
La bande dessinée constitue l’un des piliers de son activité et représente environ 15 % de la production. Les presses vendéennes fabriquent ainsi plusieurs références majeures de l’édition francophone, parmi lesquelles Astérix, Tintin ou encore Mortelle Adèle.
Fondée en 1968, la société est aujourd’hui dirigée par Laurent, Stéphane et Paul-Alain Pollina, représentants de la deuxième génération. La troisième a déjà intégré l’entreprise, illustrant la volonté de préparer la transmission de l’entreprise vendéenne.
Avec 210 salariés permanents (265 équivalents temps plein) et un chiffre d’affaires consolidé de 35 millions d’euros, le groupe entend poursuivre son développement sur un marché où la taille critique, la qualité de service et la performance industrielle deviennent des facteurs de différenciation de plus en plus décisifs. L’automatisation et la capacité à absorber rapidement de gros volumes restent ses meilleurs atouts pour préserver la production de livres en France.






































