Bauer Media France, filiale du groupe allemand Bauer, a acquis « Télé 7 Jours » et ses déclinaisons, doublant ainsi son chiffre d’affaires à plus de 100 millions d’euros. L’éditeur de « Maxi » et « Télécâble Sat Hebdo » renforce sa position sur ce segment, qui n’échappe pas à la morosité.
L’un des leaders de la presse magazine française passe sous pavillon allemand. Bauer Media France, filiale du groupe Bauer en Allemagne, vient de mettre la main sur « Télé 7 Jours ».
Le magazine spécialisé dans les programmes télé et l’actualité « people », qui appartenait à CMI Group, propriété du milliardaire Daniel Kretinsky, est le plus important dans cet univers de presse (hors « Diverto », qui est distribué avec la presse quotidienne régionale) : il affiche une diffusion France payée de 660.415 exemplaires en 2024-2025, selon l’ACPM.
Doublement du chiffre d’affaires
C’est une acquisition de taille pour Bauer, qui met aussi la main sur les déclinaisons « Télé 7 Jeux » et « Télé 7 Jours Jeux », pour compléter son portefeuille de magazines. Il possède « Maxi » et « Maxi Cuisine », mais est aussi éditeur de « Télécâble Sat Hebdo » (presque 394.000 exemplaires), depuis 2019.
Si Bauer ne communique pas le montant de l’acquisition, officialisée ce lundi, ce rachat va faire changer de dimension le groupe. « Télé 7 Jours va nous permettre de doubler notre chiffre d’affaires, à plus de 100 millions d’euros (net des commissions distributeurs) », explique Nicolas Sauzay, directeur de Bauer Media France.
« Télé 7 Jours » dispose « d’un business model tourné vers l’abonnement, ce qui assure une stabilité des revenus », reprend-il. Le magazine compte plus de 400.000 abonnés, si bien que Bauer France approchera le seuil du million d’abonnés.
Synergies futures
Cette opération n’est pas étonnante compte tenu du prisme « télé » de l’actionnaire allemand Bauer, groupe familial présent dans la presse, la radio et l’affichage (il a notamment des activités de Clear Channel). « Il est le premier éditeur de presse télé en Europe », souligne Nicolas Sauzay.
Bauer compte donc sur des synergies en termes de contenus – il y a des fournisseurs communs de programmes en Europe -, des économies d’échelle vis-à-vis des fournisseurs de papier, etc. Au niveau local, des fonctions publicitaires et support seront partagées entre les différents magazines, et il y aura sans doute des synergies éditoriales entre les titres. Le prix du magazine va augmenter de 10 centimes en début d’année.
« C’est une opération très logique compte tenu de la position de Bauer sur la presse TV. C’est une façon d’affirmer sa puissance, mais aussi de donner plus d’assise à Bauer France pour d’autres acquisitions. Il va peut-être vouloir jouer la consolidation du marché des magazines », analyse Jean-Clément Texier, banquier d’affaires et fin connaisseur de la presse.
Pour l’heure, c’est l’intégration de l’équipe (environ 35 personnes), arrivée ce lundi, qui va occuper le groupe. D’autant qu’une clause de cession est ouverte, ce qui pourrait conduire à de nombreux départs et donc des réorganisations.
Un marché en recul
Bauer va aussi devoir innover pour conquérir des lecteurs, alors que la presse magazine, y compris la presse TV, n’est pas au mieux de sa forme. Selon les données de l’ACPM, pour « Les Echos », cette famille de presse, à périmètre constant (hors nouveaux titres créés ou disparus), a perdu 27 % en diffusion entre 2019 et 2024 et 44 % sur une décennie. « Mais presqu’un magazine sur deux de presse magazine est de la presse télé », relativise Nicolas Sauzay.
A contrario, CMI cherche à recentrer son portefeuille de publications (avec la vente de « Ici Paris » et « France Dimanche » à Prisma Media). Le groupe a également annoncé un plan social.






































