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Un an de sursis pour l’outil industriel de Chapelle Darblay

Le site ne sera pas démantelé avant juin 2021. La CGT a conditionné son feu vert sur le PSE (230 salariés licenciés) au maintien en l’état de l’outil industriel pendant un an.

Les rouleaux se sont tus. La machine à papier de l’usine UPM Chapelle Darblay de Grand-Couronne près de Rouen (Seine-Maritime) s’est arrêtée, signant la fin de la production de papier journal en France par le groupe finlandais. Le monstre de 120 mètres de long, seul en France à fabriquer du papier 100 % recyclé, n’a pas trouvé repreneur depuis la mise en vente de l’usine par UPM en septembre 2019, le cartonnier VPK ayant jeté l’éponge . Mais les salariés ont obtenu un sursis lundi 15 juin en CSE central pour l’outil industriel.

 

« Nous avons conditionné notre signature de l’accord majoritaire sur le PSE (230 salariés licenciés) au maintien en l’état de l’outil industriel pendant un an, pour qu’il soit prêt à redémarrer, explique Cyril Briffault, le délégué syndical CGT de Chapelle Darblay. C’est une première bataille de gagnée pour l’avenir du site ». « Le site ne sera pas démantelé avant juin 2021 », confirme de son côté Daniel Schwab, vice-président en charge des ressources humaines de la branche papier d’UPM, l’industriel s’engageant à assurer la maintenance et le gardiennage de l’usine jusqu’à juin 2021.

Capacité de recyclage

 

« Il ne faut pas envoyer l’outil à la casse sans avoir tout exploré ! », s’enthousiasme Arnaud Dauxerre, représentant sans étiquette du collège cadres au CSE, selon lequel « les représentants des salariés veulent donner toutes les chances à la production de papier pour ondulé (emballage) porté par l’industriel belge VPK », au cas où celui-ci changerait d’avis.

 

Le maintien de l’outil industriel « laisse aussi la possibilité à un acteur du recyclage de se positionner sur la fabrication de pâte recyclée, pour des applications dans l’emballage, l’essuie-tout, la ouate pour isolation, ou encore la cellulose moulée » (type boîte à oeufs), estime Arnaud Dauxerre, en pointant le risque de « condamner 40 % de la capacité de recyclage française de vieux papiers ». L’usine disposant d’une capacité de recyclage de 450.000 tonnes (avec trois unités de désencrage), elle répond, selon ses calculs, aux besoins de recyclage papier de 30 millions d’habitants.

Marché sous tension

 

« Pendant ces 9 derniers mois, nous avons contacté plus de 230 sociétés. Il ne faut pas penser que le simple fait de passer en phase de revitalisation va créer une solution de réindustrialisation, tempère Daniel Schwab. Mais si des repreneurs crédibles sont intéressés par les actifs industriels, ils seront bien accueillis ».

 

Une chose est sûre : le maintien d’une activité de production industrielle, avec par exemple VPK, serait « plus pourvoyeuse d’emplois » (120 environ) que le maintien d’une seule activité de tri et recyclage qui n’occuperait que 60 salariés, estime le dirigeant. Sur l’avenir du recyclage, il estime que la question « n’est pas de recycler et de fabriquer de la pâte recyclée » mais « d’avoir des débouchés viables avec un modèle économique sur la durée ». D’autant que depuis 2018 le marché est sous tension, la Chine ayant cessé d’acheter les vieux papiers européens.

 

Arnaud Dauxerre est prêt à une campagne de lobbying pour que Citeo, l’organisme qui anime le recyclage de la filière emballage, réalise un audit sur les conditions économiques du recyclage des vieux papiers.

 

Lire : Les Echos du 18 juin

 

Jean-Philippe Behr

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