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Baisse de la lecture : des professionnels du livre du monde entier cherchent des remèdes à Bologne

Éditeurs, institutions culturelles et organisations internationales se sont réunis au premier jour de la 63e Foire du livre de jeunesse de Bologne pour une conférence internationale intitulée « Construire la future génération de lecteurs : bonnes pratiques et politiques de promotion de la lecture ». Confrontés au même problème, les pays n’y répondent pas de la même manière.

À la veille de la publication, en France, de l’étude du Centre national de la lecture consacrée à la lecture des jeunes qui ne devrait pas montrer une inversion de tendance par rapport à l’étude de l’an dernier, le constat au niveau mondial sur le sujet est tout aussi alarmant. Pour la première fois, à la Foire du livre de jeunesse de Bologne (BCBF), une table ronde a réuni plusieurs éditeurs, institutions et organisations internationales, marquant une prise de conscience de la problématique à l’échelle planétaire.

Moins d’illettrés et moins de lecteurs

Mari Yasunaga, spécialiste de programme à la Section jeunesse, alphabétisation et développement des compétences de l’Unesco, a posé le cadre avec des données chiffrées. Si le taux de personnes dépourvues de compétences de base en lecture a reculé – d’un quart des jeunes il y a 50 ans à moins de 7 % en 2024 -, les progrès restent « insuffisants et inégaux ». 77 % des adultes illettrés sont concentrés en Afrique subsaharienne et en Asie centrale et méridionale, une proportion en hausse de deux points depuis 2015.

Et ce n’est pas tout. Dans les 31 pays de l’OCDE, un adulte sur cinq manque des niveaux les plus élémentaires de compétences en lecture, numération et résolution de problèmes, selon des données issues d’UIS Data Browser (avril 2026). Dans la majorité de ces pays, le niveau d’aptitude à lire chez l’adulte « stagne ou a décliné depuis 2010-2012 ». À l’échelle mondiale, seuls 58 % des élèves du primaire atteignaient le seuil minimum de compétences en lecture en 2019, dont 30 % en Afrique subsaharienne.

L’Unesco pointe également une dégradation qualitative : seuls 9 % des jeunes de 15 ans sont capables de distinguer un fait d’une opinion dans un texte numérique. La part des élèves lisant pour le plaisir a reculé entre 2000 et 2009 dans 22 pays, en particulier chez les garçons. Si les individus lisent plus fréquemment – notifications, réseaux sociaux -, cette lecture est « plus courte, moins profonde et moins tournée vers le plaisir »

Lire Livres Hebdo du 13/4/26

Pascal Lenoir

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