CCFI

Facebook et Google se posent en sauveurs de la presse locale américaine

Les deux groupes multiplient les fonds destinés à soutenir l’information de proximité. Une partie du secteur ironise et s’inquiète de l’indépendance éditoriale.

La démarche est pour le moins paradoxale. Alors que Facebook et Google sont largement responsables de la crise de la presse locale aux Etats-Unis, les deux géants californiens volent aujourd’hui au secours des journaux régionaux, après en avoir absorbé les revenus publicitaires. « A partir d’aujourd’hui, nous allons montrer davantage d’articles provenant de sources d’information de votre ville », annonçait, en janvier 2018, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, sur le réseau social. Un an plus tard, les contenus censés alimenter la section Today In, lancée à cet effet, se font encore attendre dans de nombreuses villes américaines. « Environ un utilisateur sur trois vit dans un endroit où nous ne pouvons trouver suffisamment d’informations locales pour lancer Today In », a regretté Facebook dans un communiqué, le 18 mars.

Cet obstacle n’aura pas surpris les habitants des « déserts médiatiques », qui recouvrent une large partie de l’Amérique périphérique. Près de 1 800 journaux ont disparu aux Etats-Unis depuis 2004, et le nombre de salariés dans les rédactions a chuté de 45 %, selon une étude menée, en 2017, par l’Université de Caroline du Nord. Une conséquence directe de la chute des revenus de la presse locale, les annonceurs publicitaires ayant fui les pages des journaux – puis leurs sites Internet – pour les grandes plates-formes numériques.

Avec Today In, Facebook serait-il arrivé trop tard ? Le réseau social reste en tout cas décidé à soutenir les médias régionaux, à en juger par les 300 millions de dollars (267,6 millions d’euros) qu’il s’est engagé à investir au cours des trois prochaines années dans des bourses pour des rédactions locales ou dans des fondations soutenant les titres de proximité. Dans un entretien donné sur son compte Facebook, lundi 1er avril, Mark Zuckeberg a annoncé un programme européen de formation des journaux locaux au recrutement d’abonnés en ligne. Financé à hauteur de 2 millions d’euros, il bénéficiera d’abord à douze éditeurs allemands.

Lire : Le Monde du 2 avril

Jean-Philippe Behr

Connexion

Vous n'êtes pas connecté.

Demande d’adhésion à la CCFI