Ancien directeur des activités scolaires du groupe Humensis (Belin), intégrées à Albin Michel fin 2025, Guillaume Montégudet observe désormais le secteur en retrait, prenant en septembre le poste de secrétaire général de la Fnogec (Fédération nationale des organismes de gestion de l’Enseignement catholique). Pour lui, l’IA générative rebat les cartes du manuel scolaire, et les éditeurs n’ont plus le temps de tergiverser.
Livres Hebdo : Après le numérique, l’édition scolaire est en train de vivre une deuxième révolution industrielle : l’émergence de l’intelligence artificielle. Comment l’appréhender dans un marché aussi délicat que celui de l’éducation ?
Guillaume Montégudet : La question de l’intérêt de l’IA au service des professeurs ne se pose plus, le potentiel est vertigineux, tout le monde le sait. Le sujet n’est plus là, il faut avancer. Ce qui m’intéresse, c’est la suite : comment les enseignants, comme tout acteur exerçant une responsabilité professionnelle, accèdent à une IA fiable, sécurisée, souveraine. Ça, c’est un vrai sujet, un sujet industriel et politique.
Cela bouleverse l’usage du manuel, qui souffre depuis toujours d’avoir un double lectorat. Concrètement, que se passe-t-il aujourd’hui dans la salle des professeurs ?
Que devient le manuel lorsque l’enseignant, pour préparer son cours, utilise un LLM (Large Language Model) grand public ? Allant parfois, pour affiner sa requête, jusqu’à télécharger dans son prompt le contenu protégé d’un manuel scolaire. Personne n’en parle vraiment, mais c’est déjà une réalité du terrain….






































