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Quand la littérature enfantine est placée sous étroite surveillance

Avec «Ne les laissez pas lire!», la Bibliothèque nationale de France expose l’histoire de la censure frappant la littérature jeunesse et ses auteurs. De nature conservatrice hier, elle se déploie désormais de manière plus irrationnelle avec les réseaux sociaux qui donnent un écho disproportionné aux indignations individuelles.

Un métier à haut risque. Qui pourrait penser qu’écrire des albums ou des romans pour les jeunes lecteurs puisse s’avérer périlleux? À petit public, gros ennuis, pense-t-on pourtant en découvrant l’exposition-dossier «Ne les laissez pas lire!», qui se tient actuellement à la Bibliothèque nationale de France. Sous-titré «Polémiques et livres pour enfants», le parcours retrace l’histoire de la littérature jeunesse sous l’angle des controverses et de la censure. Un vrai festival de récriminations! «On a lu ce livre avec mon fils à la médiathèque et il est super problématique… Je vais écrire à la médiathèque et à l’éditeur pour tenter une discussion…», écrit en novembre 2018 la blogueuse Emma sur Twitter, à propos de l’album La Guerre des bisous(Gallimard). Le motif de sa colère: un bisou volé, celui d’une fillette à un garçon, entraîne une épidémie de baisers à l’échelle du monde… Vincent Cuvellier, l’auteur est accusé de propager la culture du viol…

«Nous observons que la page des explications sur les zizis fait 11 lignes alors que la page des zézettes fait 5 lignes, un sous-produit en quelque sorte… Nous vous prions de bien vouloir amender votre document au plus tôt pour qu’enfin les petites filles y soient à égalité avec les petits garçons», réclame une pétition en ligne de la part de «parents et des adultes en colère» en 2017. Le texte incriminé est un album documentaire écrit par le médecin médiatique Michel Cymes, Quand ça va, quand ça va pas. Leur corps expliqué aux enfants (et aux parents) (Clochette éditions)…

Lire : Le Figaro du 30/9/19 page 18

Pascal Lenoir

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