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Fake news : le CSA veut la transparence

L’institution a remis ses recommandations aux plateformes à la suite de l’adoption de la loi contre la désinformation.

Lutter contre les «fake news» avec efficacité mais aussi plus de transparence. Jeudi, le CSA a remis son premier projet de recommandations à l’intention des grandes plateformes en ligne dans le cadre de la loi contre la manipulation de l’information. Cette dernière, adoptée en décembre, a consacré un devoir de coopération entre les grandes plateformes et les différents acteurs de l’État pour freiner la diffusion de fausses informations en périodes électorales. Parmi ses différentes mesures, elle a donné au CSA la capacité d’accompagner les sites concernés (la loi concerne les plateformes en ligne avec plus de 5 millions de visiteurs uniques par mois) dans leurs efforts pour respecter ce nouveau texte.

Sept mesures ont été édictées par le CSA. La première suggère par exemple la «mise en place d’un dispositif de signalement» des fausses informations «accessible et visible» sur chacun des sites concernés. Une autre propose différentes options pour aider l’internaute à se renseigner sur les origines et le financement de contenus sponsorisés. Le CSA insiste sur la nécessité de rendre les décisions des réseaux sociaux plus transparentes, notamment dans le fonctionnement de leurs algorithmes de classement. «Les utilisateurs doivent pouvoir accéder aux informations leur permettant de connaître et de comprendre les principes de fonctionnement des algorithmes qui régissent l’organisation, la sélection et l’ordonnancement de ces contenus», précise l’institution. Le sujet de la transparence des algorithmes est un point de tension régulier entre les gouvernements et les grandes plateformes, sur les «fake news» et de nombreux autres sujets. Les géants du Web refusent néanmoins d’expliquer exactement leurs décisions de modération, la manière dont ils ordonnent les différents contenus proposés à leurs utilisateurs.

Un rapport annuel

Le CSA indique enfin que les opérateurs de plateformes en ligne devront lui remettre une déclaration annuelle sur le suivi des différentes mesures de la loi contre la désinformation, et qu’ils désignent chacun un référent sur le sujet. Il s’agit d’une obligation prévue par le texte de loi. Le CSA se réserve, par ailleurs, le droit d’exiger des informations des plateformes «en cas de constat d’une manipulation». Les géants du Web ont désormais jusqu’au 10 mai pour faire part de leurs observations concernant ces recommandations…

Lire Le Figaro du 27/4/19 page 26

Pascal Lenoir

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