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Reuters va supprimer 25 postes de journaliste en France

L’agence de presse entend lancer un plan de départs volontaires pour réduire ses effectifs à Paris.

 

Les difficultés des médias s’étendent aux agences de presse chargées de leur fournir en continu des informations, photos et vidéos collectées partout dans le monde. Reuters News, l’une des trois plus grandes d’entre elles aux côtés de l’Agence France-Presse (AFP) et Associated Press (AP), a annoncé, mercredi 27 février, aux équipes de son bureau parisien la suppression à venir de 25 postes de journalistes, sur les 84 que compte actuellement la rédaction.

 

Ce plan de départs volontaires, présenté en comité social et économique (CSE), doit encore être négocié avec les organisations syndicales. « Les conditions de départ proposées sont inacceptables. La direction n’obtiendra jamais autant de départs volontaires, et on peut craindre qu’ils soient ensuite contraints », estime une source syndicale, en soulignant « l’abattement de la rédaction ».

Tous les bureaux européens concernés

 

Le bureau de Paris est le dernier touché par le vaste plan de réduction d’effectifs en Europe annoncé en novembre 2018 par Reuters. En Italie, 16 postes de journaliste sur 45 pourraient être supprimés à Rome et Milan, et 10 sur 120 à Berlin. Les rédactions de Madrid et de Lisbonne doivent pour leur part fusionner.

 

Cette réorganisation massive concerne l’ensemble de Thomson Reuters, la maison mère canado-britannique de l’agence de presse. Le groupe a cédé en octobre 55 % de sa branche la plus rentable – ses terminaux financiers et les données qui les alimentent – au fonds américain Blackstone. Une opération lucrative, puisque ce dernier va verser à Reuters une enveloppe annuelle de 280 millions d’euros sur trente ans pour compenser le manque à gagner. Thomson Reuters a par ailleurs affiché mardi 26 février un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 9 %.

L’AFP réduit aussi la voilure

 

Le paysage est pourtant loin d’être dégagé. En décembre, le groupe a annoncé qu’il allait supprimer 3 200 postes d’ici 2020, soit 12 % de ses effectifs, et réduire de 30 % le nombre de ses bureaux internationaux. Reuters n’a pas fait savoir dans quelle mesure son agence de presse, qui représente 6 % de son chiffre d’affaires, serait affectée mais les récentes suppressions de poste en Europe montrent qu’elle ne sera pas épargnée. « Reuters News peut représenter une partie encore plus importante de notre croissance future », a toutefois tenté de rassurer Jim Smith, le directeur général de Thomson Reuters.

 

Alors qu’elle enregistrera, en 2018, une cinquième année d’affilée de déficit, l’AFP est elle aussi contrainte de tailler dans ses effectifs. Son nouveau PDG, Fabrice Fries, a présenté en novembre un « plan de transformation ». Il doit permettre de réaliser 14 millions d’euros d’économies sur la masse salariale, à travers un plan de départ volontaires. Au total, 95 postes sur 2 500 doivent être supprimés d’ici à 2023, mais les organisations syndicales s’opposent toujours à ce plan.

 

Lire : Le Monde du 27 février

 

Jean-Philippe Behr

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