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Upmem réinvente la carte mémoire pour concurrencer Intel

Mise en ligne le 24 septembre 2017

Lire Le Figaro du 21/9/19 page 23

Extrait

La start-up grenobloise vient de lever 3 millions d’euros auprès de quatre investisseurs.

Comment améliorer la puissance de calcul des serveurs informatiques? La question peut sembler pointue, elle n’en est pas moins centrale dans un monde où les services déportés dans le cloud jouent un rôle croissant. La start-up Upmem fait le pari de changer la donne dans le secteur et vient de lever 3 millions d’euros auprès de C4 Ventures, le fonds d’investissement de Pascal Cagni, de Partech Ventures, Supernova Invest, Crédit Agricole Bank et du fabricant américain de composants Western Digital.

L’histoire de cette start-up grenobloise qui réunit aujourd’hui une dizaine d’ingénieurs et chercheurs de haut vol remonte déjà à quelques années. En 2012, Fabrice Devaux et Gilles Hamou ont commencé à travailler sur leur projet avant de créer Upmem trois ans plus tard. Le nom se veut un résumé à lui seul du métier de la start-up: rendre les puces mémoire plus intelligentes et moins consommatrices d’énergie en y intégrant directement de la puissance de calcul.

«Ce n’est énergétiquement pas efficace de transporter les données pour effectuer des calculs. Il est plus rentable de faire effectuer les calculs par la mémoire», explique Gille Hamou, directeur général d’Upmem. Si l’énoncé à l’air simple, la mise en pratique l’est beaucoup moins. Upmem a d’abord dû concevoir un processeur qui puisse être intégré dans une puce mémoire. «Nous avons entièrement repensé la microarchitecture de ces composants», ajoute Gille Hamou, avec, à l’arrivée, un nouveau type de concept, le processeur sur mémoire (PIM pour Processing-in-Memory).

Le marché des serveurs

Avec cette levée de fonds, Upmem a pu sécuriser le processus de fabrication de ses premiers composants. Ils seront fabriqués en Asie, l’Europe n’ayant plus les capacités de production pour ce type de produits, avant tout destiné à l’industrie des serveurs. C’est notamment le potentiel de ce marché qui a attiré C4V, lequel a longtemps cherché un investissement dans le domaine: «La quantité de données manipulées dans les data centers croit exponentiellement, et les architectures de calcul actuelles saturent. Upmem est le seul à développer une solution qui a toutes les chances d’offrir des gains de performance aussi importants», explique Olivier Huez, associé
C4 Ventures qui se dit «persuadé qu’Upmem va révolutionner les performances des centres de données et deviendra un géant mondial des semi-conducteurs».

Les enjeux sont en effet considérables. Les acteurs du cloud sont face à une double problématique: il leur faut augmenter leurs capacités de stockage, de calcul, tout en réduisant leur consommation énergétique. Or Upmem peut leur apporter une solution. Ses PIM peuvent générer des gains de production de 10 à 20 fois supérieurs à ceux des processeurs actuels. Mais la start-up s’attaque à un marché dominé par un géant américain: Intel. Elle doit, en outre, réussir à trouver des usines de production (en Chine) qui respecteront ses droits à la propriété intellectuelle et veiller à ce que les autres acteurs du secteur ne viennent pas développer des solutions similaires.

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