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Ventes : un bel été

Mise en ligne le 11 septembre 2017

Lire Livres Hebdo du 1/9/17

Extrait

Après la baisse continue du premier semestre 2017, les ventes de livres ont rebondi en juillet et en août dans presque tous les circuits de vente. Une embellie de bon augure d’après les libraires interrogés par Livres Hebdo.

Le marché du livre parviendra-t-il à rattraper au deuxième semestre le retard accumulé au premier ? Sur la période janvier-juin, par rapport à la même période de l’année précédente, le recul des ventes atteint 4,5 % d’après nos données Livres Hebdo/I+C. Mais, dès juillet, pour la première fois de l’année, notre baromètre mensuel des ventes enregistre une hausse de 4,5 %. Si la base de comparaison est favorable après un été 2016 difficile (- 5 % en juillet et – 0,5 % en août), ce premier indicateur n’en est pas moins encourageant. Et sur le terrain, de nombreux libraires ne cachent pas leur soulagement.

Première chaîne de commerces de livres en France, la Fnac se félicite de la « très belle embellie de juillet tant sur Internet qu’en magasin ». Selon Nicolas Gaudemet, nouveau directeur commercial du pôle culture de l’enseigne, « la plupart des rayons, à l’exception du tourisme, ont bien performé ». Chez Cultura, Eric Lafraise se montre aussi très satisfait : « Juillet a été très bon et août bon. Cela vaut pour le livre mais aussi pour l’ensemble de nos métiers. Nous avons profité d’une météo capricieuse et de la fin des élections qui, au premier semestre, ont mobilisé l’attention des consommateurs et freiné la sortie de nouveautés. » De même, au Furet du nord, Nathalie Deleval se félicite de bonnes performances estivales, notamment sur le poche, porté par les romans de Michel Bussi, Virginie Despentes, Raphaëlle Giordano, Elena Ferrante ou encore Margaret Atwood.

Chez Garin, à Chambéry, une opération « livre mystère » qui a amélioré les ventes. – LIBRAIRIE GARIN

Dans les librairies indépendantes, les bilans, moins univoques, sont majoritairement positifs. Chez Garin, à Chambéry, Thierry Daniel a passé un « très bon été ». « Dès la mi-juin, assure-t-il, on a senti des frémissements qui se sont confirmés en juillet-août avec une bonne fréquentation du magasin. Nous avons aussi profité de notre opération « livre mystère » qui consistait à présenter certains de nos romans « coups de cœur » emballés dans du papier kraft, avec juste, comme indice, trois mots inscrits sur ce papier. Interpellés, les clients ont largement joué le jeu, prenant plaisir à acheter à l’aveugle. »

Fidélité des clients

A Saint-Quay (Côtes-d’Armor), Yves-François Le Bourdonnec, gérant de la maison de la presse-librairie située face à la plage, se montre aussi satisfait. « Pour une fois, la réserve de mon magasin est presque vide à fin août, s’enthousiasme-t-il. Certes, il y a eu un effet météo positif, mais nous avons aussi bénéficié de la belle fidélité de nos clients. Ici, les touristes sont les mêmes d’une année sur l’autre. Des liens se sont tissés avec eux et ils n’hésitent pas à attendre de venir nous voir pour acheter leurs livres, quitte à devoir les commander. » Fort, lui aussi, d’une clientèle estivale fidèle qu’il bichonne, Alexandre Cavallin, cogérant de Port Maria, à Quiberon, a poussé cette année l’avantage avec différentes opérations. En plus des rencontres qu’il organise trois fois par semaine, il a participé à la tournée du Camion qui livre du Livre de poche et s’est associé à la médiathèque pour coorganiser le salon Quai des écrivains avec, le 22 juillet, une vingtaine d’auteurs dont Sylvain Tesson. « Au-delà de l’effet d’animation, ces rencontres auteurs-lecteurs sont fondamentales pour installer un écrivain et lui créer un vivier de lecteurs », argumente-t-il. A La Rochelle, Les Rebelles ordinaires, ouverts fin mai, ont connu un démarrage « très encourageant » selon son fondateur Guillaume Bourain qui annonce une activité « au-dessus des prévisionnels » avec un très bon accueil du public local et touristique.

Dans le sud, où la canicule a sévi, les échos ne sont pas pour autant négatifs. L’activité est jugée « plutôt meilleure que l’été passé » à L’Odeur du temps (Marseille), « bonne malgré une moindre fréquentation de la ville » à La Carline (Forcalquier), et même « excellente, avec une forte fréquentation du magasin » chez Jean-Jaurès (Nice) où l’été 2016 avait subi, après les attentats du 14 juillet, un effondrement des ventes. Attribuant les complications du début de l’année aux élections, Guillaume Le Douarin (L’Ecume des pages, Paris 6e) juge l’été « plutôt pas mal. Dès que les élections ont été finies et que la politique a moins mobilisé les attentions, on a senti des frémissements. »

Plus circonspecte, Pascale Charpentier, chez Larcelet à Saint-Dizier (Haute-Marne), fait état d’une « activité estivale moyenne… comme le temps ». Au Hall du livre (Nancy), Astrid Canada décrit « un été mitigé avec des journées top et d’autres moroses, en particulier lors des grosses chaleurs ». Plus rares, quelques voix inquiètes se font aussi entendre. Notamment à Paris, où Armelle Lainé-Vairet (L’Œil écoute, dans le 6e) estime la situation « encore très compliquée cet été avec une activité catastrophique liée à un problème de fréquentation ».

Mais c’est surtout dans les hypermarchés que le bât blesse. Selon le baromètre Livres Hebdo/I+C, c’est le seul circuit à ne pas avoir vu ses ventes repasser au vert en juillet. Pourtant il y a bien eu une amélioration puisque, en étant étale par rapport à juillet 2016, l’activité n’accuse pas de baisse pour la première fois depuis deux ans. Chez Carrefour, Alain Popieul, responsable achat librairie, revendique de « bonnes performances estivales notamment en littérature sur les best-sellers. En revanche le parascolaire est à la traîne. » Pour ne pas décrocher du marché, explique-t-il, « nous jouons la carte des best-sellers et nous travaillons les produits exclusifs ».

Des titres porteurs

Au total, selon Matthieu de Montchalin, patron de L’Armitière (Rouen) et président du Syndicat de la librairie française, « l’été aura permis de sortir du marasme du premier semestre et de remettre les librairies d’aplomb, tant sur un plan moral que commercial et financier ». De fait, la plupart des professionnels abordent la deuxième partie de l’année avec beaucoup d’espoirs. D’autant que la production les séduit. « La rentrée littéraire s’annonce équilibrée et riche, avec des titres porteurs mais pas écrasants », se félicite Eric Fitoussi (Passage, à Lyon). Beaucoup partagent déjà avec leurs clients leurs principaux coups de cœur, parmi lesquels sont régulièrement cités La fonte des glaces de Joël Baqué (P.O.L), Souvenirs de la marée basse de Chantal Thomas (Seuil) ou encore Nos richesses de Kaouther Adimi (Seuil).

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