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Google ne pénalisera plus les articles payants

Mise en ligne le 08 octobre 2017

Lire Le Figaro du 3/10/17 page 26

Extrait

Le moteur de recherche dit vouloir aider les médias dans leur transition vers les abonnements numériques.

Google veut aider les éditeurs de presse à attirer plus d’abonnés payants. Depuis lundi, la société américaine a revu des règles qui régissaient jusque-là le classement des articles de presse dans son moteur de recherche. Les médias n’ont plus l’obligation de laisser les internautes accéder gratuitement à au moins trois articles par jour (selon la règle du «premier clic gratuit») s’ils souhaitent être correctement référencés. Les éditeurs peuvent désormais régler eux-mêmes le curseur, voire décider de placer l’intégralité de leur site sous paywall (zone payante) sans être pénalisés. «Les éditeurs sont les mieux placés pour déterminer le nombre d’extraits gratuits le plus adapté à leurs besoins», estime Richard Gingras, directeur de Google News.

Une porte d’entrée incontournable sur le Net

Le «premier clic gratuit» permet aux internautes de contourner le paywall de sites d’information en cherchant l’article désiré sur Google. En début d’année, leWall Street Journal a réalisé que 1 million d’internautes utilisaient chaque mois cette astuce sur son site. Soit autant d’abonnés potentiels en moins. Le quotidien financier a décidé en février de ne plus se plier à la règle de Google. Conséquence immédiate: le trafic en provenance du moteur de recherche s’est effondré de 44 %… «Discrimination», s’est écrié le Wall Street Journal, qui a accusé Google de ne pas soutenir les médias payants.

Google et Facebook captent la très grande majorité des investissements publicitaires sur Internet, suscitant la grogne chez les médias

Google pouvait difficilement ne pas modifier ses règles alors que les médias d’information, généralistes ou spécialisés, se tournent vers l’abonnement numérique pour compenser la chute de leurs revenus publicitaires. Google et Facebook captent la très grande majorité des investissements publicitaires sur Internet, suscitant la grogne chez les médias. Pour soigner ses relations avec l’industrie dont il a besoin pour nourrir son moteur de recherche et rester une porte d’entrée incontournable sur Internet, Google opte donc pour plus de souplesse. Il dit vouloir accompagner les médias dans cette transition en concevant des programmes sur mesure. Google a travaillé de concert avec le New York Timeset le Financial Timespour bâtir de nouveaux outils en faveur de la presse payante. À l’avenir, Google permettra de s’abonner en un clic aux médias volontaires, grâce aux informations contenues dans un compte Android ou Google (nom, adresse e-mail, numéro de carte bancaire…). Les abonnés pourraient aussi se connecter grâce à leur compte Google, au lieu d’avoir à mémoriser de nouveaux mots de passe. «Nous cherchons également à déterminer comment les technologies d’apprentissage automatique de Google peuvent aider les éditeurs à identifier des abonnés potentiels», indique Richard Gingras. «Nous collaborons avec des éditeurs du monde entier pour construire un mécanisme d’abonnement qui réponde à tous les types de besoins.»

Google marche dans les pas de Facebook, qui va inviter ses utilisateurs à s’abonner à un média au-delà de dix articles lus sur Instant Articles. Le réseau social, critiqué, révise lui aussi ses pratiques pour garder de bonnes relations avec la presse.


Un million d’abonnés au site du Washington Post 

C’est par l’intermédiaire d’un e-mail interne que Fred Ryan, éditeur du Washington Post, a appris la bonne nouvelle à sa rédaction. Le quotidien, détenu depuis 2013 par le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, a franchi le cap du million d’abonnés à son site Internet. Le Washington Post se classe troisième site d’info payant après le New York Times (2,3 millions d’abonnés numériques) et le Wall Street Journal 1,27 million). «Notre croissance a été incroyablement forte. Les abonnements ont doublé depuis janvier et triplé depuis septembre 2016», écrit Fred Ryan. Faut-il y voir un effet Trump? Le quotidien a créé une cellule de huit journalistes chargée de suivre la présidence, à laquelle s’ajoutent d’autres équipes couvrant le gouvernement. Résultat, le Washington Post aligne scoop sur scoop depuis l’accession au pouvoir du milliardaire et recouvre son prestige. Ces résultats illustrent la renaissance du quotidien de Washington depuis sa reprise en main par Jeff Bezos. Grâce à des dizaines de millions de dollars d’investissement, le titre est passé de journal vieillissant à un véritable média d’ambition nationale, ayant épousé avec succès toutes les innovations numériques. Chose rare dans le secteur, il a embauché une soixantaine de journalistes depuis le début d’année.

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