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Les jeunes ont déjà déserté la télévision

Mise en ligne le 11 février 2018

Lire Le Figaro du 7/2/18 page 26

Extrait

La tendance est très marquée aux États-Unis et en Grande-Bretagne. La France n’y échappera pas.

Je t’aime, moi non plus. Entre les adolescents et le poste de télévision, la passion est en train de s’étioler. Non pas qu’ils se soient mis à la diète de vidéos. Bien au contraire. Aux États-Unis, les 4-14  ans en consommeraient quotidiennement 8 heures et 24 minutes en moyenne, d’après l’étude vidéoKIDS dévoilée par Lagardère Publicité et Harris Interactive en décembre. Ce chiffre, qui agrège aussi bien le direct que le replay, le streaming légal que la SVOD et la VOD, représente un peu plus du tiers d’une journée complète! Preuve que le cœur des jeunes n’a jamais battu aussi fort pour les contenus vidéo. Mais, stimulé par la multiplication des écrans numériques, cet irrépressible appétit profite aujourd’hui à de nouveaux dieux de l’Audimat. Et plus nécessairement aux seules chaînes de télévision.

Outre-Manche, YouTube arrive en tête des marques de contenus que les jeunes connaissent le mieux, devant ITV, Netflix et… la BBC

En Grande-Bretagne, c’est une étude parue fin novembre du régulateur britannique de l’audiovisuel, l’Ofcom, sur les pratiques médias des enfants, qui l’explique encore le mieux. D’après ce sondage, YouTube arrive en tête des marques de contenus que les jeunes connaissent le mieux, devant ITV, Netflix et… la BBC. Surtout, lorsque l’on demande aux 12-15 ans quels sont les médias qui leur manqueraient le plus, la réponse est unanime: YouTube! Et en second lieu, Netflix. Les chaînes de télé, elles, sont reléguées au fond du classement. Normal: outre-Manche, les ados passent déjà chaque semaine plus de temps en ligne (21 heures) que devant la télé (14 h 30). La Grande-Bretagne n’est pas le seul pays où la consommation TV des jeunes accuse une vraie baisse de régime. Quasiment partout dans le monde, les audiences empruntent la même pente glissante de toboggan.

Aux États-Unis, précurseurs en matière de tendances, les ados et les jeunes adultes tournent massivement le dos au petit écran. D’après les données fournies par Nielsen, le temps passé par les 12-24 ans à regarder les chaînes de télévision classiques a été divisé par deux entre le second trimestre 2010 et la même période en 2017. Ce qui représente précisément 52 heures de moins chaque mois chez les 12-17 ans, et 58 heures de moins dans le cas des 18-24 ans. Désormais, cette frange de la population passe un peu moins d’une heure (53 minutes) chaque jour devant la télévision. Les plus petits, entre 2 et 11  ans, suivent l’exemple de leurs aînés: ils ont diminué leur consommation de 30 %, ce qui représente 32 heures en moins par mois. Et pourtant, à cet âge, ils ne possèdent pas encore de smarphone.

D’innombrables compétiteurs

D’après une étude réalisée par Google et Ipsos sur la génération Z, c’est-à-dire les jeunes nés après 1995, les ados américains acquièrent leur premier téléphone vers 12 ans. Or, de tous les écrans, le mobile est celui qui capte le plus leur attention. Cette génération qui grandit un téléphone greffé dans la main aura vite fait de troquer le poste du salon pour cette télévision de poche, leur donnant accès à un champ des possibles vidéo beaucoup plus vaste. De quoi donner quelques sueurs froides aux diffuseurs, qui se retrouvent à devoir lutter non plus seulement contre d’autres chaînes concurrentes, mais d’innombrables compétiteurs: Netflix, Amazon et leurs milliers d’épisodes de séries, YouTube et ses millions de vidéos, Snapchat et ses stories… Sans oublier les services de streaming musicaux comme Deezer ou Spotify, les jeux vidéo, les réseaux sociaux Facebook, Twitter…

Certes, les chaînes n’ont pas dit leur dernier mot. En France, TF1 vient par exemple de repositionner NT1, rebaptisée pour l’occasion TFX, en chaîne des Millennials. Une antenne dédiée au «divertissement fun et décontracté», a déclaré le PDG du groupe, Gilles Pélisson. Faire revenir les jeunes devant la télévision constitue toutefois un pari compliqué. Voire une mission impossible, lorsque l’âge moyen de vos téléspectateurs s’élève à 59 ans, comme c’est le cas de France Télévisions. Plutôt que de ramer à contre-courant, le groupe audiovisuel tente donc d’aller dans le sens du vent afin de reconquérir le public jeune.

«Nous actons le fait que les réseaux sociaux sont autant, voire plus importants que la télé dans la consommation des jeunes»

Tiphaine de Raguenel, directrice de France 4, «pilote» du projet Slash destiné aux 18-30 ans

Le service public vient de lancer cette semaine un nouveau média vidéo, baptisé France.tv slash, accessible depuis la plateforme France.tv ainsi que sur les réseaux sociaux YouTube, Twitter, Facebook et prochainement Instagram et Snapchat…

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