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Lagardère lance le processus de vente du magazine Elle

Mise en ligne le 11 mars 2018

Lire Le Figaro du 10/3/18 page 26

Extrait

Le groupe a décidé de vendre la plupart de ses actifs dans les médias.

Arnaud Lagardère s’apprête à tirer un trait sur les médias, ou en tout cas sur une grande partie d’entre eux. À demi-mot, lors de la présentation des résultats de son groupe jeudi soir, le gérant commandité de Lagardère a déclaré que «le calendrier est assez serré» et que «les choses vont intervenir assez rapidement». Ce que le marché se plaît depuis plusieurs années à pronostiquer régulièrement devrait enfin avoir lieu cette année: Lagardère devrait vendre tous ses médias, à l’exception de Paris Match, duJDD et d’Europe 1.

Parmi les actifs à céder, qui représentent un chiffre d’affaires (hors production) de près de 600 millions d’euros, dont 390 millions dans la presse: différents magazines puissants (Télé 7 Jours, Version Femina, France Dimanche), les chaînes jeunesse Gulli et TiJi, plusieurs marques numériques (Doctissimo, MonDocteur, BilletReduc)… Pourtant considéré par Arnaud Lagardère comme faisant partie d’un «environnement sacré», le magazine Ellepourrait aussi être cédé, tant l’exploitation du féminin en France que les droits de la marque à l’international, qui génèrent des revenus de licence. Idem pour les radios musicales Virgin Radio et RFM, qui pourraient être dissociées de la généraliste Europe 1. Le sort de la branche sports serait pour l’instant en suspens. En revanche, le groupe conserverait son activité dans la production TV (GMT, Boomerang, Réservoir Prod…). En tout cas dans un premier temps.

«Lagardère est pragmatique : il veut vendre des actifs qu’il juge actuellement sous-évalués dans des secteurs où il n’a plus la main, et il veut se renforcer dans les secteurs où il est fort.»

Jérôme Bodin, analyste chez Natixis

«Lagardère est pragmatique: il veut vendre des actifs qu’il juge actuellement sous-évalués dans des secteurs où il n’a plus la main, et il veut se renforcer dans les secteurs où il est fort», décrypte Jérôme Bodin, analyste chez Natixis. Le schéma a été évoqué dans une note publiée par la banque un peu plus tôt dans la semaine. Dans le contexte actuel de consolidation des médias, Lagardère pourrait réaliser des ventes dans de bonnes conditions et réinvestir ensuite plus d’un milliard d’euros dans son recentrage sur le «travel retail» (distribution dans les gares et aéroports) et l’édition avec Hachette Livre. Le premier apporte de la croissance et l’autre du cash récurrent. Les deux activités représentent déjà 80 % du chiffre d’affaires du groupe.

Recentrage sur deux actifs

La maison mère de Hachette Livre, Lagardère Publishing, pourrait notamment faire une acquisition aux États-Unis pour devenir le numéro deux mondial du marché des livres grand public derrière Penguin Random House (Bertelsmann). Ce qui serait possible en prenant le contrôle de Simon & Schuster (CBS), l’un des principaux éditeurs mondiaux en langue anglaise.

Avant cela, la question est de savoir quelle forme pourraient prendre les cessions. Lagardère souhaiterait vendre à la découpe pour valoriser au mieux ses actifs. La situation de chacun s’est améliorée depuis cinq ans. La restructuration est passée par là. Sans tenir compte du point noir que constitue Europe 1, dont les pertes se seraient élevées à 17 millions d’euros l’an dernier, le résultat opérationnel de Lagardère Active aurait progressé de 10 millions d’euros. Alors que le chiffre d’affaires a reculé de 25 % depuis 2012, notamment en raison de la cession en 2014 d’un premier bloc de magazines (Première, Be, Psychologies…), le résultat opérationnel a progressé de 25 % grâce à l’activité de production, mais aussi aux radios et télévisions, très rentables.

La fenêtre de tir semble enfin bonne. Les érosions de diffusion et la baisse des recettes publicitaires ont ralenti. Et il y a des acheteurs potentiels pour chaque bloc: TF1, M6, Canal+ ou Mediawan pour les télévisions et les radios, Mondadori pour les magazines et les marques numériques… Le groupe italien, qui édite Grazia,Auto Plus ou Closer sur le marché français tiendrait la corde. Dans l’opération, il pourrait réaliser plusieurs synergies, accélérer dans le digital et jouer l’effet de taille.

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