Le Salon du livre s’ouvre après une année compliquée pour l’édition

Mise en ligne le 19 mars 2018

Lire Le Figaro du 17/3/18 page 30

Extrait

Le marché du livre s’est contracté de 1,2 % après un premier trimestre très difficile.

Rendez-vous phare de l’édition, le Salon du livre de Paris a ouvert ses portes pour accueillir jusqu’à dimanche le public dans la plus grande librairie de France, avec la Russie en pays invité. La santé de l’édition reste à première vue stable, avec une légère baisse de 1,2 % des ventes, à 3,97 milliards d’euros selon GfK. Un chiffre conforme à la moyenne des dix dernières années. Mais 2017 a pourtant été une année atypique, entamée avec un premier trimestre catastrophique. De janvier à avril, les ventes ont enregistré un recul allant de 5 à 10 %.

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Cette contreperformance a été partiellement effacée par de très bons mois de juillet et de décembre (+5% chacun). Entre ces périodes, le marché a eu une croissance quasi nulle. Même la rentrée littéraire n’a pas réveillé les acheteurs, avec seulement 1 % de hausse de ventes par rapport à septembre 2016. «Les maisons d’édition ont été à cran tout au long de l’année», affirme Sébastien Rouault, directeur du panel livre chez GfK.

Puissance du poche

Pour le monde de l’édition, le très mauvais début d’année 2017 a un responsable: l’élection présidentielle. Les périodes d’élections, remplies d’incertitudes, ne sont pas favorables au secteur. «Mais ce recul des ventes est habituellement concentré sur les mois de vote, en avril et mai», indique Sébastien Rouault. «Ici, il y a eu une cassure dès janvier, à – 10 %. De tels chiffres sont très rares.» Parmi les explications avancées, une actualité politique très dense (l’affaire Fillon a éclaté fin janvier) qui aurait fait précipiter les Français vers les journaux plutôt que les romans. Autre explication, le décalage de certaines grosses sorties au second semestre afin de maximiser leur succès commercial, une fois l’élection passée.

«L’activité se concentre de plus en plus sur décembre, malgré les efforts des éditeurs pour animer le marché tout au long de l’année, avec par exemple la création de la rentrée de janvier»

Sébastien Rouault, directeur du panel livre chez GfK

A contrario, le mois de décembre a été exceptionnel, avec 566 millions d’euros de ventes, en hausse de 5 %. «Les deux semaines précédant Noël ont réalisé à elles seules 11 % du chiffre d’affaires des éditeurs, contre 9,5 % en 2016», note l’institut GfK. Parmi les best-sellers de la fin d’année, l’inénarrable Astérix (Hachette, 300.000 ventes en décembre), l’érotique Darker (dernière déclinaison de la saga Cinquante Nuances, Lattès, 133.000 ventes), le prix Goncourt L’Ordre du jour (Actes Sud, 121.000 ventes) et la BD Dans la combi de Thomas Pesquet (Dargaud, 107.000 ventes). «L’activité se concentre de plus en plus sur décembre, malgré les efforts des éditeurs pour animer le marché tout au long de l’année, avec par exemple la création de la rentrée de janvier», souligne Sébastien Rouault.

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