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« Vraiment » suspend sa parution au bout de huit numéros

Mise en ligne le 12 mai 2018

Lire : Le Monde du 9 mai

Les temps sont durs pour les nouveaux hebdomadaires généralistes. Après l’échec cuisant d’Ebdo, moins de trois mois après son lancement, c’est au tour de Vraiment de jeter l’éponge après seulement sept semaines d’existence en kiosque.

 

Les trois fondateurs – Jules Lavie, le directeur de la rédaction, Julien Mendez et Julie Morel, deux anciens conseillers au ministère de l’économie à l’époque d’Emmanuel Macron, puis de Michel Sapin – ont décidé de suspendre la parution. Le huitième numéro, qui sortait mercredi 9 mai, sera le dernier, en tout cas sous la forme hebdomadaire.

 

Le journal s’était lancé le 21 mars avec une rédaction de seize journalistes. Mais il n’a pas pu trouver sa place dans le paysage tourmenté des « news magazines », bousculé par la chute des ressources publicitaires et la crise du principal distributeur de presse, Presstalis. La diffusion payée du premier numéro, au prix de vente de 4,50 euros, était de 18 000 exemplaires avant de tomber ensuite autour de 5 000, alors que le nombre d’abonnés s’élevait à un millier. Le point d’équilibre se trouvait à 40 000…

 

« Initialement, on se donnait dix-huit mois pour l’atteindre, mais on était tellement loin de nos objectifs qu’il n’était pas réaliste d’attendre plus longtemps », déclare Julien Mendez. « On préfère arrêter les frais avant que la facture ne soit trop lourde », renchérit Jules Lavie.

« On n’a pas trouvé notre lectorat »

 

Un tour de table, auquel avait participé Bernard Mourad, l’ex-responsable du pôle médias du groupe SFR, prévoyait de lever 2 millions d’euros. Une moitié avait déjà été récoltée. Mais les fonds n’étaient pas suffisants, en particulier pour mener des campagnes publicitaires et élargir le public de l’hebdomadaire.

 

Jules Lavie, pour sa part, tente de comprendre les raisons de l’échec : « On a fait un bon journal, mais on n’a pas trouvé notre lectorat. On n’a peut-être pas réussi à partir sur une ligne très précise. Il était d’ailleurs difficile de résumer le journal en une phrase. » Malgré des enquêtes intéressantes et une maquette agréable, Vraiment n’a en effet pas su convaincre qu’il pouvait constituer le média complémentaire qu’il souhaitait être à côté des grands médias de la presse écrite.

 

L’équipe – « motivée et soudée », selon M. Mendez – veut désormais se donner le temps de la réflexion, jusqu’à l’été, pour voir comment l’aventure peut se poursuivre : « J’ai fait le tour des actionnaires et on réfléchit », précise le cofondateur. Pour l’heure, Vraiment ne suit donc pas le chemin de l’autre hebdomadaire malheureux, Ebdo, placé en liquidation début avril par le tribunal de commerce de Paris avec poursuite de l’activité de l’éditeur des revues XXI et 6Mois, Rollin Publications (63 salariés).

 

Les candidats à la reprise de Rollin Publications et de ses deux revues avaient jusqu’au mercredi 2 mai pour déposer leurs offres. Cinq se sont manifestés : le groupe Le Monde, la société d’édition Editis, l’éditeur Le Seuil associé à La Revue dessinée, le groupe Hildegarde (qui détient les magazines Le Film français, Première, Studio, Causette…), et Thierry Mandon (qui était le directeur général d’Ebdo) associé à plusieurs autres investisseurs. Vraiment espère, quant à lui, repartir sur un rythme moins ambitieux.

 

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