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Facebook a rendu publics les posts de 14 millions d’utilisateurs

Mise en ligne le 11 juin 2018

Lire Le Figaro du 8/6/18

Extrait

Le réseau a dû une nouvelle fois s’excuser après qu’un bug a rendu publics par erreur les posts privés de 14 millions d’internautes.

Restaurer la confiance des utilisateurs n’est pas chose aisée quand les polémiques se succèdent à un tel rythme. Quelques jours après des révélations du New York Times sur le partage de données avec des fabricants de smartphones et d’appareils électroniques, notamment chinois, le réseau a dû une nouvelle fois présenter des excuses. En cause, cette fois, un «bug» qui a rendu publics des messages et photos de 14 millions d’utilisateurs, destinés à l’origine à leurs seuls «amis».

Lorsqu’un utilisateur de Facebook publie un post, il a le choix de le partager avec un certain nombre de personnes ou de le diffuser sur un mode «public». À la publication suivante, c’est le même paramètre choisi précédemment qui s’applique, afin de faciliter la vie du propriétaire du compte.

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Or pendant dix jours, entre le 18 et le 27 mai, à cause d’un bug informatique, le réseau suggérait par défaut aux utilisateurs de rendre publics leurs messages. Quelque 14 millions de personnes ont pu ainsi partager sans s’en apercevoir des messages privés avec toute la communauté Facebook. Ce bug informatique, explique la société, est intervenu alors que le réseau travaillait sur une nouvelle façon de partager des éléments du profil des utilisateurs, comme les photos. Il aurait touché des utilisateurs ayant choisi d’afficher des photos à la une de leur profil, c’est-à-dire accessibles par n’importe quel utilisateur connecté.

Contrat de confiance

Facebook a commencé à prévenir les 14 millions de personnes depuis jeudi, au travers d’une notification qui présente des excuses et invite à se rendre sur une page dédiée pour voir quelles publications ont été affectées.

Le bug a été suspendu dès le 22 mai mais Facebook a eu besoin de cinq jours supplémentaires pour remettre en statut privé les messages impactés. Or le 22 mai, le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, était devant les parlementaires européens pour s’expliquer sur le scandale Cambridge Analytica et plusieurs sujets sensibles. Avait-il été mis au courant de ce problème? N’a-t-il pas jugé utile d’évoquer ce sujet au vu du nombre relativement faible d’utilisateurs impactés? Dans tous les cas, le réseau a manqué une opportunité de démontrer dans les faits sa volonté maintes fois répétée d’être plus transparent plus tôt.

La société a attendu le 7 juin pour communiquer. «Nous avons entendu haut et fort que nous devons être plus transparents sur la façon dont nos produits utilisent vos données – y compris lorsque les choses tournent mal. Et c’est ce que nous faisons ici», écrit Erin Egan, chargée de la vie privée chez Facebook, dans un blog explicatif.

Certes, l’atteinte à la vie privée dans cette affaire est sans commune mesure avec les données personnelles des 87 millions d’utilisateurs récupérées illégalement par la société Cambridge Analytica, ni même celles partagées avec les constructeurs de smartphones sans consentement. Mais elle porte un sérieux coup de canif au contrat de confiance qui veut que les utilisateurs aient le contrôle sur qui voit leurs messages. Sans oublier que Facebook est toujours dans la ligne de mire des législateurs des deux côtés de l’Atlantique.

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