Décès d’Alain Kouck, figure de l’édition

Mise en ligne le 16 juillet 2018

Lire Le Figaro du 11/7/18 page

Extrait

Créateur et ancien directeur d’Editis, le numéro deux français du secteur, il est décédé lundi à l’âge de 72 ans.

Depuis vingt-deux ans, il tenait fermement la barre d’Editis, le deuxième groupe d’édition français. Alain Kouck est décédé brutalement lundi à l’âge de 72 ans, alors qu’il était encore président non exécutif du groupe.

Entré dans le monde de l’édition en 1980 au sein d’Hachette, Alain Kouck rejoint les activités Presse et Livres chez CEP Communication, avant de devenir président d’Havas Services, puis directeur général adjoint d’Havas Publications Éditions. En 1998, Jean-Marie Messier, l’ambitieux PDG de Vivendi, met la main sur Havas dans sa frénésie d’acquisitions. Alain Kouck grimpe au sein de la hiérarchie du nouveau Vivendi et est nommé à la tête de Vivendi Universal Publishing en 2001. Un an, tout juste, avant la grave crise d’endettement qui a précipité le départ de Jean-Marie Messier.

Dans l’urgence, Jean-René Fourtou, le sauveteur de Vivendi, doit céder ses plus beaux actifs pour se renflouer. Hachette, filiale du groupe Lagardère, le leader français de l’édition, se porte acquéreur mais il se heurte au veto des autorités de la concurrence. Au final, la partie édition de Vivendi, rebaptisée Editis, est cédée au fonds d’investissement Wendel en 2004. Pendant cette période très agitée, Alain Kouck a tenu le cap. Il a, sans cesse, remotivé les équipes, les éditeurs et rassuré les auteurs perturbés par tous ces changements de propriétaires.

Soutenu par son nouvel actionnaire, Editis se lance dans une série d’acquisitions de maisons de littérature générale dont Le Cherche Midi, les Éditions First, puis, en 2006, les Éditions XO. Le groupe est désormais bien équilibré entre ses différentes activités: l’édition scolaire avec Nathan, Bordas, Le Robert, la littérature générale avec Robert Laffont, XO, Belfond, la partie poche avec Pocket et Fleuve, et enfin la distribution pour compte propre et compte de tiers avec Interforum.

Alain Kouck sait qu’un fonds d’investissement doit revendre un jour ses participations. C’est chose faite en 2008, quand Wendel cède Editis au groupe espagnol Planeta. Mais cette nouvelle aventure est loin d’être un long fleuve tranquille. Planeta se trouve en proie lui-même à des difficultés financières. Editis, qui représente un quart de l’activité de Planeta, est l’un des plus gros pourvoyeurs de fonds à sa maison mère.

Passionné d’édition, Alain Kouck a toujours abordé ce métier sous l’angle industriel. Il a veillé à bien équilibrer les différentes sources de revenus et a mis l’accent sur la distribution. En 2015, il profite des difficultés de La Martinière pour lui racheter son pôle de distribution Volumen et Loglibris. Proche des éditeurs et des auteurs, il a toujours milité activement pour marier culture et économie au sein du Forum d’Avignon. Sous sa houlette, Editis est devenu le solide numéro deux de l’édition française avec un chiffre d’affaires de 760 millions d’euros et 2 400 salariés. Il y a un an, il a passé la main à Pierre Conte, venu de WPP. «Très vite, il a accepté de tenir ce rôle de chairman à l’anglo-saxonne, figure tutélaire du groupe et garant de ses valeurs. Nous avions une relation très complice», explique Pierre Conte, qui souligne l’extrême émotion qui a étreint les employés d’Editis à l’annonce de la disparition d’Alain Kouck.

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