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Une année morose pour le marché du livre

Mise en ligne le 02 juillet 2018

Lire Le Figaro du 29/6/18 page 32

Extrait

Après un premier semestre catastrophique, l’édition affiche un recul de 1,6 % sur l’ensemble de 2017.

L’année 2017 n’a pas été des plus florissantes pour l’édition française. Selon le bilan annuel du Syndicat national de l’édition (SNE), qui se base sur le chiffre d’affaires des éditeurs, le marché du livre poursuit sa baisse avec un repli de 1,6 % de sa valeur, à 2,79 milliards d’euros. Si l’on exclut les cessions de droit pour les traductions des ouvrages à l’étranger, le recul atteint même les 1,9 %. Au cours des dix dernières années, seuls les exercices 2015 (+0,6%) et 2016 (+4,25%) avaient été dans le vert, grâce en très grande partie à la réforme des programmes scolaires, qui avait provoqué un renouvellement massif des manuels des élèves.

«Le marché est reparti sur la fin 2017, mais on a engorgé les rayons et certains ouvrages de qualité ont été sacrifiés»

Un éditeur

Mais la fin de cet effet d’aubaine n’explique pas entièrement le repli. Hors marché du scolaire, les ventes de livres ont reculé en France de 1,1 %. Cela aurait pu être bien pire. De l’avis de l’ensemble des éditeurs, le premier semestre 2017 a été catastrophique, avec des chutes des ventes pouvant atteindre les -10 % selon les mois. La présidentielle 2017 est l’accusée numéro un de cet exercice maussade. Traditionnellement, les Français préfèrent aller vers la presse que vers les librairies lorsque de grandes échéances électorales arrivent. Le segment «documents, actualité et essais» est celui qui a le plus souffert en 2017 avec un recul de 16,7 % des ventes, à 99 millions d’euros, en grande partie à cause «du désintérêt du public pour les essais de la pensée en période électorale», note le SNE.

Les ventes en ligne progressent

Mais l’institut GfK avait noté en février un comportement inhabituel des consommateurs, qui avaient déserté les points de vente bien au-delà de la période électorale. Une des raisons avancées est la stratégie de certains éditeurs qui ont, pour la plupart, décalé la sortie de leurs poids lourds au second semestre. Les Français ne sont pas allés en librairie car ils n’avaient pas la tête à ça, mais aussi parce qu’ils n’avaient pas grand-chose à se mettre sous la dent… «Effectivement le marché est reparti sur la fin 2017, mais on a engorgé les rayons et certains ouvrages de qualité ont été sacrifiés», note un éditeur.

«Le développement du drive et des achats en ligne réduit les opportunités d’achat plaisir de livres»

Le Syndicat national de l’édition

Le quasi-rattrapage s’est fait sur la dernière ligne droite, avec une période de Noël exceptionnelle pour les éditeurs. Parmi les cadeaux stars de la fin d’année, le dernier Astérix (Hachette), le prix Goncourt L’Ordre du jour (Actes Sud) ou la BD Dans la combi de Thomas Pesquet (Dargaud).

L’étude du SNE se penche aussi sur les lieux d’achat. Si, au global, les ventes sont à peu près réparties équitablement entre librairies, grandes surfaces alimentaires ou spécialisées et Internet, ce dernier acteur ne cesse de gagner en puissance (29,8 % des ventes, +2 % de progression en un an). Première victime, les librairies, dont le chiffre d’affaires a reculé de 5 % (25 % des ventes globales). Les hypermarchés sont aussi délaissés (-5 %, 16 % des ventes). «Le développement du drive et des achats en ligne réduit les opportunités d’achat plaisir de livres», note le SNE.

Le livre numérique affiche, quant à lui, une croissance de 10 %, porté par le scolaire (+38%) et l’édition professionnelle (+9,4%). La littérature n’est pas en reste (+5,7%), tout comme les ouvrages grand public (+8,3%). Mais le e-book pèse moins de 10 % du marché du livre, à 201,7 millions d’euros. Il ne représente même que 4,2 % des ventes de littérature. L’an prochain, le SNE se penchera sur le marché naissant du livre audio numérique.

Le syndicat se félicite par ailleurs des très bons chiffres apportés par les cessions de droits à l’étranger, en hausse de 8,3 % à 138 millions d’euros. La Chine reste le premier territoire d’exportation des œuvres françaises (26 %), loin devant l’Italie (14 %) et l’Espagne (12 %). Et ce sont les ouvrages jeunesse (31 %) et la bande dessinée (25 %) qui intéressent le plus les éditeurs étrangers.

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