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Marché du livre : des achats de livres plus variés ces 10 dernières années

Mise en ligne le 08 octobre 2018

Lire ActuaLitté du 1/10/18

Extrait

À l’aide des données de l’institut d’études de marché GfK, collectées entre 2007 et 2016, le Département des études, de la prospective et des statistiques du ministère de la Culture s’est lancé dans une étude de l’évolution de la diversité des achats dans le marché du livre sur cette période. Le rapport évoque une hausse de la variété des livres publiés, mais aussi une surproduction bien connue et de plus en plus de titres vendus à très peu d’exemplaires.

Au cours de la décennie 2007-2016, le léger recul du volume de ventes de livres (- 4 %) a plus ou moins touché les différents secteurs de l’édition : si les dictionnaires ou les ouvrages de sciences humaines et techniques l’ont subi, la jeunesse ou les livres pratiques ont connu, eux, des hausses substantielles des ventes. Dans l’ensemble, la “révolution numérique” n’aura eu qu’un effet mesuré sur les ventes de l’industrie du livre, contrairement aux autres secteurs culturels.

 

Première trouvaille de ce rapport, les nombres de livres différents et d’auteurs différents ayant fait l’objet d’une vente dans l’année ont significativement progressé : respectivement, + 50 % et + 36 %. Ce qui signifie, en clair, que les achats reflètent une plus grande variété. Cette dernière est particulièrement sensible pour la bande dessinée, les mangas et comics (+ 90 %), les livres jeunesse (+ 70 %) et les livres pratiques (+ 52 %).

 

Si cette hausse de la variété n’est pas forcément corrélée à de meilleures ventes — la BD, par exemple, sur la période, connait un recul de 3 % des ventes — elle est plus faible pour les secteurs touchés par la dématérialisation.

 

Plus de livres, moins de ventes

 

Sur la décennie, le rapport relève une hausse substantielle des livres vendus à très peu d’exemplaires : depuis 2010, le nombre de titres n’ayant fait aucune vente au cours de l’année précédente a été multiplié par 1,7. De fait, les références actives (livres qui ont connu au moins une vente au cours de l’année) connaissent un renouvellement plus important : dans les années 2007-2010, 80.000 titres par an quittaient les références actives, contre 140.000 entre 2015 et 2016.

 

« Les livres dont les ventes sont inférieures à 100 exemplaires totalisent plus de 90 % de la progression du nombre de références vendues au cours de la décennie, et ceux dont les ventes ne dépassent pas 10 exemplaires en forment plus des deux tiers (68 %) », indique le rapport. Les ouvrages aux ventes intermédiaires — entre 10.000 et 99.999 exemplaires — ont reculé de 15 % en 10 ans.

 

L’augmentation du nombre d’ouvrages faiblement vendus est à relier au phénomène d’inflation éditoriale. « En mettant chaque année un nombre plus élevé d’ouvrages sur le marché, les principales maisons d’édition ont rendu plus âpre la concurrence pour les rendre visibles, ce qui les a incitées à produire plus pour occuper les tables des librairies, tandis que du côté des libraires, la gestion de flux toujours plus importants de nouveautés a contribué retourner les invendus dans des délais de plus en plus courts, accélérant ainsi la rotation des ouvrages, et favorisant ainsi, indirectement, la variété des achats. »…

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